Comment écrire un livre selon Myriam Plante

Le 30 Mars dernier, j’ai publié un article appelé Qui a envie d’écrire un livre?

Aujourd’hui, plusieurs mois plus tard, je vous offre mon nouveau livre, un petit guide intitulé Comment écrire un livre selon Myriam Plante.

L’idée derrière ce guide, c’était de donner quelques conseils à ceux et celles qui s’ennuyaient en confinement, ou qui s’étaient dit que le moment était idéal pour réaliser leur rêve de commencer à écrire un livre.

Bon, même si l’apocalypse est toujours en cours, la vie est maintenant plus normale qu’elle ne l’était au mois de Mars… Ça m’a peut-être pris juuuste un petit peu trop de temps écrire et finaliser mon guide!

Mais maintenant, il est prêt!

Voici la page couverture de mon nouveau livre!

Si vous avez envie d’essayer d’écrire un livre. Si vous rêvez depuis toujours d’écrire un roman. Si vous vous demandez simplement de quelle manière ça se planifie, l’écriture d’une histoire. Ou si vous voulez voir de quoi ça a l’air, quand je fais semblant d’être une personne bien organisée…

Ce livre pourrait vous inspirer, et même changer votre vie!

Ou, en tout cas, pour un investissement d’environ 2$, je pense que vous pourriez y trouver quelques conseils utiles et quelques idées intéressantes, en plus d’une nouvelle histoire exclusive qui met en scène un personnage appelé Roger.

Pour l’instant, il n’est disponible qu’en format Kindle sur Amazon. Au mois de Décembre, il sera disponible, toujours en format numérique, sur d’autres plateformes.

Pourquoi un tel écart? Simplement parce que j’ai inscrit mon livre au programme KDP Select d’Amazon, pour voir si ça vaut la peine ou non. Et à cause de ce programme, mon livre ne doit pas être disponible sur un autre site pendant une période de 3 mois.

Je le lance donc aujourd’hui, et il aura droit à un autre petit lancement quelque part au mois de Décembre. Mais ne pensons pas à ça, parce que c’est déprimant.

Pour l’instant, c’est l’automne qui s’en vient, et c’est ma saison préférée!

Cliquez ici pour en apprendre plus sur mon nouveau livre, ou cliquez ici pour l’acheter directement sur Amazon.

Merci de votre attention pour ce petit lancement de livre virtuel!

Beanedich et les loups

Ce mois-ci, en plus de très bientôt publier mon guide Comment écrire un livre selon Myriam Plante, je vous rappelle l’existence de Beanedich, le quatrième petit livre de ma Mini Collection.

Beanedich est un personnage auquel je suis particulièrement attachée, ce qui ne l’empêchera hélas pas de faire pitié dans le roman que je suis en train d’écrire.

Ce petit loup, qui est né dans un oeuf Kinder, est habituellement placé sur mon bureau d’écrire. Il espionne donc tout ce que j’écris… Il a décidé de partir à l’aventure, et le voilà qui contemple une énorme empreinte.

Voici un petit extrait de son mini livre:

« Ils marchèrent ainsi en silence pendant un moment avant de s’arrêter. Ils échangèrent alors un regard, ce qui leur confirma qu’ils avaient tous les deux l’impression d’être épiés. Leevia fut la première à se retourner, croyant qu’il s’agissait peut-être simplement de Neegan qui les suivait de loin. Comme elle ne disait toujours rien, Beanedich se retourna à son tour.

Un loup énorme s’avançait vers eux, les oreilles dressées, la queue basse. Ses yeux dorés brillaient faiblement dans la pénombre, et il marchait sans faire aucun bruit, presque comme s’il flottait sur la neige.

Paniqué, Beanedich saisit le bras de Leevia, qui était figée par la peur, et l’incita à se retourner pour fuir, mais au même moment, deux autres loups émergèrent de la dense forêt de conifères qui bordait le chemin. Les trois bêtes les encerclèrent en montrant leurs crocs, et Beanedich comprit aussitôt qu’il leur était inutile d’essayer de s’enfuir : ils ne pouvaient tout simplement pas courir plus vite que des loups en chasse. Il n’avait rien pour se défendre, rien d’autre que son violon et son archet, mais jamais il n’aurait osé essayer de se servir de son instrument comme d’une arme, pas même pour tenter de sauver sa vie.

Les loups se mirent à grogner, et Leevia sortit aussitôt de sa torpeur et se mit à crier pour appeler à l’aide. Beanedich songea avec amertume que si par miracle quelqu’un entendait ses cris, personne ne pourrait arriver à temps pour les sauver.

Pourtant, les prédateurs n’étaient pas pressés. Ils se contentaient d’approcher lentement, menaçants, alertes et attentifs, comme s’ils souhaitaient commencer leur repas en se délectant de la peur et de l’impuissance de leurs proies. Beanedich laissa tomber son violon et son archet dans la neige et entoura Leevia de ses bras avec l’espoir insensé d’arriver à la protéger. Il n’aurait jamais osé détruire son instrument en l’utilisant pour frapper les loups affamés, mais à cet instant, il se sentait prêt à se sacrifier pour que Leevia ait la vie sauve. »

Un rêve accessible…?

Je suis en train de lire un livre qui m’a été prêté par ma tante: Warbreaker, de Brandon Sanderson.

Je n’avais jamais entendu parler de cet auteur de romans fantastiques, mais j’ai rapidement été captivée par son univers. À un tel point qu’à quelques reprises, je suis allée faire quelques recherches sur internet pour avoir une idée d’à quoi pouvaient bien ressembler certains personnages du livre… et à chaque fois, j’ai accidentellement lu quelque chose que je ne voulais pas lire, et qui m’a dévoilé des «punchs» de l’histoire… Oups!

Mais en fait, le fait d’avoir appris à l’avance quelques secrets de l’intrigue ne m’a pas frustrée… Au contraire. Pendant ma lecture, je me disais, bon, ben là, j’ai appris telle chose sur tel personnage… Comment ça va se passer, tout ça?

Une partie de la couverture de Warbreaker, par Brandon Sanderson.

Ma lecture est presque terminée, et je n’ai pas hâte d’arriver à la fin.

Je suis donc allée visiter le site internet de l’auteur pour voir s’il existait une suite à Warbreaker, ou d’autres livres qui me permettraient de revenir dans le même univers. Pendant ma visite, j’ai vu qu’il existait un forum dans lequel les fans de cet auteur prolifique discutent de ses oeuvres et de leurs personnages préférés, se posent des questions entre eux, proposent des théories…

Wow.

C’est tellement ça que j’aimerais! Oui, en tant qu’auteure, je veux rejoindre des gens qui aiment mes livres… Mais j’aimerais tellement que les gens qui aiment mes livres les aiment au point d’en discuter entre eux, de créer des dessins représentant mes personnages, de me poser des questions sur certaines intrigues ou sur les livres à venir…

Je me dis que pour une personne qui écrit des livres, réussir à rassembler une sorte de communauté de fans passionnés, ça doit vraiment être une belle richesse! Tellement plus important que gagner de l’argent, ou voir ses livres devenir des succès commerciaux.

Des lecteurs. Des lecteurs qui tiennent à mes personnages autant que moi, qui ont envie d’en apprendre plus sur eux, qui ont envie de discuter de mes histoires entre eux, et avec moi. Des lecteurs qui ont en commun leur amour des univers et des personnages que j’invente.

C’est ça que je veux. C’est une des raisons pour lesquelles j’écris. C’est une partie de mon rêve, une sorte de but que j’essaie de décrire avec des mots pour la première fois.

Est-ce que c’est un rêve accessible? Est-ce qu’il pourrait se réaliser? Est-ce que ça pourrait m’arriver, à moi?

Aucune idée.

Mon plan est juste de continuer à écrire et à créer.

Mes livres et les salons

Ça fait longtemps que je n’ai pas participé à un salon littéraire avec mes livres… Les évènements ont tous été annulés, évidemment, et je ne sais pas quand il y en aura de nouveaux.

Il va peut-être falloir attendre à la fin de l’apocalypse!

Je pense que mes livres s’ennuient un peu. Le fait de pouvoir sortir de leurs boîtes de temps en temps, à la vente-trottoir, au Salon littéraire du Québec, à la Pause littéraire, ou pour une petite séance de signature, ça leur permettait de prendre l’air un peu, de voir passer des gens et, de temps en temps, de se faire acheter.

Ma première participation à la vente-trottoir remonte à 2015! Dans ce temps-là, je n’avais que Le Parfum du Vent… (Photo par Guy Samson.)

Maintenant, ils restent dans leurs boîtes, dans mon salon. Peut-être qu’ils aimeraient que je les sorte de là et que je les emmène prendre une petite marche dehors… mais je n’en suis pas encore rendue là dans mon inexorable cheminement vers la folie artistique!

Mais moi… est-ce que je m’ennuie des évènements littéraires? Pas tout à fait. Oui, et non, on pourrait dire.

Ce que j’aime le plus de ces évènements, au fond, ce sont les rencontres avec mes amis auteurs, et avec des auteurs que je ne connais pas encore.

Me voici à une Pause littéraire, en 2017. J’avais déjà plus de livres de disponibles! (Photo par Création Lune)

J’aime aussi quand je réussis à vendre un ou des livres à des lecteurs intéressés, bien sûr! Mais ça arrive si rarement…

Ce que je n’aime pas, quand je participe à des évènements littéraires, c’est être assise à ma table, voir les gens passer en m’ignorant, ou pire encore, en me jetant un genre de regard ahuri et dédaigneux qui semble vouloir dire «Ark… c’est quoi ça… des livres… ben voyons…». Il y a des passants sympathiques qui me sourient et me saluent, aussi, et ça, c’est agréable!

Mais quand des gens s’approchent pour regarder mes livres, je ne sais pas toujours comment réagir. Oui, j’aime mes livres, et j’aime parler d’eux… mais uniquement si mon auditoire semble intéressé. Si quelqu’un s’approche de ma table et fixe mes livres avec un air bête qui me rend mal à l’aise, non, je ne vais pas commencer à lui faire une conférence sur mes livres.

Et si quelqu’un prend un de mes livres, et en lit le résumé d’un air concentré, je ne vais pas commencer à lui résumer l’histoire, ou à lui donner 50 raisons pourquoi ce livre est génial et mérite d’être acheté.

Bref… je ne suis pas bonne vendeuse, et je n’ai pas envie de devenir bonne vendeuse. J’aimerais simplement que quelqu’un s’intéresse assez à mes livres pour me poser des questions, pour qu’on puisse avoir une discussion qui, peut-être, va se conclure par une vente.

Ça arrive de temps en temps… Mais la plupart du temps, dans les salons du livre, je finis par me sentir comme ça:

Au Salon littéraire du Québec, en 2015, pendant un moment de détresse existentielle. (Photo par moi-même)

Quand il va de nouveau y avoir des évènements littéraires, oui, je vais y participer.

Mais en attendant, j’avoue que j’apprécie cette pause, loin de ces interactions difficiles, ratées ou inexistantes avec des lecteurs potentiels; interactions qui me rappellent que je suis et serai toujours introvertie, et qui me font parfois remettre toute mon existence en question.

Tant qu’à ne pas vendre beaucoup de livres, je préfère qu’ils soient dans mon salon à moi même si eux, ils trouvent ça plate!

Le début de Flint et Cal

En ce 12 Août, journée par excellence pour encourager les auteurs québécois, j’ai décidé de vous partager un petit extrait du troisième livre de ma Mini Collection, Flint et Cal.

Chaque mois depuis le début de cette année chaotique, je vous reparle d’un de mes livres sur ma page Facebook. Ce mois-ci, les vedettes sont Flint et Cal, deux frères jumeaux qui vivent dans une famille plutôt dysfonctionnelle, comme vous le découvrirez en lisant le début du livre:

« Flint et Callan Hulligan étaient deux frères jumeaux. Flint était considéré comme l’aîné, d’abord parce qu’il était né un peu avant son frère, mais surtout en raison de son caractère. Même si les deux frères avaient les mêmes yeux bruns sérieux, les mêmes traits fins et les mêmes cheveux châtains légèrement ondulés, ils n’avaient pas grand-chose d’autre en commun.

Ce soir-là, par exemple, lorsque leur père commença à frapper leur mère après l’avoir longuement insultée, Flint décida de lui tenir tête. Callan, lui, se contentait d’observer ce qui se passait, sans intervenir. Ce n’était pas parce qu’il approuvait les gestes de son père, ni parce qu’il avait peur de lui, non. Si Callan n’avait jamais cherché à protéger ou à défendre sa mère, c’était parce qu’il n’avait, selon lui, aucune bonne raison de le faire.

Flint, frêle, mais déterminé du haut de ses 13 ans, se plaça donc devant sa mère et posa ses poings sur ses hanches en fixant son père avec hargne.

– Laisse-la tranquille! cria-t-il d’une voix qui, malheureusement, tremblait un peu.

Derrière lui, sa mère était recroquevillée dans un coin de la cuisine de leur humble domicile et elle pleurait, les yeux remplis d’effroi.

– Te mêles pas d’ça, le jeune! cracha son père. C’est entre moi et elle… Pousse-toi d’mon chemin!

– Laisse-la! Tu sais pas c’que tu fais, t’es toujours méchant quand t’as trop bu, l’accusa Flint. J’te laisserai pas lui faire du mal. Plus jamais!

Roch Hulligan se rapprocha de son fils aîné d’un pas menaçant. »

Dans l’histoire que je suis en train d’écrire, le personnage de Flint va jouer un rôle assez important. Mais le personnage de Cal ne sera pas là.

Hum… est-ce qu’il va être là? Peut-être. Peut-être pas.

Peut-être qu’il va être là juste un peu.

Les quelques personnes qui ont lu des chapitres de mon histoire en cours se demandent peut-être où est Cal. Ce mystère m’amuse beaucoup, parce que c’est un mystère à long terme. Comme certains autres « punchs » qui vont agrémenter mes histoires, ce mystère va seulement être révélé quand toute l’oeuvre qui l’entoure va être publiée.

Avoir des plans pour le futur, c’est important.

Le film de la semaine: Lectures diaboliques

Le film de la semaine est Lectures diaboliques, ou I, Madman dans sa version originale. C’est un film canado-américain, selon Wikipédia, et il est sorti en 1989. Cette fois-ci, ce n’est pas une histoire d’écrivain en péril, mais bien de lectrice en péril!

Frissons TV en donnait ce résumé: «Une jeune femme doit affronter un tueur fou semblable au héros d’un roman dont elle fait la lecture.»

Donc, en lisant le résumé du film, j’ai tout de suite essayé de deviner ce qui pourrait s’y passer… Est-ce que le tueur fou semblable à un personnage de roman pourrait être l’auteur du roman? Est-ce qu’il s’agit d’un fou qui sait qu’elle lit ce roman, et qui essaie d’attirer son attention? Est-ce que c’est elle qui est folle, et elle qui commet les meurtres?

Le film met en scène Virginia, une fille qui travaille dans une librairie de livres usagés et qui, comme c’est pratique, sort avec un policier. Elle devient obsédée par la lecture d’un livre qui s’appelle «I, Madman» en anglais, mais dont le titre a été traduit par «Je suis malade». C’est peut-être une bonne chose que le titre en français du film ne soit pas Je suis malaaaaaadeee, car on aurait pu penser qu’il y avait un lien avec la chanson.

À mesure que la lecture de Virginia avance, elle se rend compte que le meurtrier fou qui s’est défiguré, et qui remplace les parties manquantes de son visage par celles qu’il prend sur ses victimes, existe dans la réalité, et qu’il la suit partout où elle va.

Elle en parle à son amoureux, qui commence par ne pas la croire, mais finit par réaliser que des crimes étranges sont commis, et qu’elle a peut-être raison, finalement. Il décide donc d’enquêter avec son équipe.

Mais qui est le tueur fou qui surestime ses talents en chirurgie plastique? S’agit-il de l’auteur du livre?

Ce n’est pas trop clair… On apprend que l’auteur du livre est devenu fou et qu’il a été retrouvé mort. Ma théorie est que le tueur fou était vraiment le personnage du livre qui s’est retrouvé dans la réalité, pour une raison obscure. Pourquoi? Comment? Aucune idée.

Je pense que ça serait intéressant, si les personnages de certains de mes livres pouvaient se mettre à exister dans la vraie vie. Ils pourraient écrire des parties de leur histoire pour que mes prochains livres soient prêts plus rapidement!

Ah oui, pour finir… Je dois mentionner qu’Il y avait, dans le film, une créature qui ressemblait à un croisement entre Gollum et un loup-garou, mais qui était, finalement, un croisement entre un humain et un chacal.

Contemplez la bataille finale du film à vos risques et périls:

Une deuxième rencontre avec Henry

Dans mon dernier article de blogue, je vous ai offert un petit extrait d’Henry, le deuxième livre de ma Mini Collection.

Je vous ai aussi mentionné que le personnage d’Henry allait être important dans l’histoire sans titre que je suis en train d’écrire. Aujourd’hui, je vous offre un extrait de l’histoire en question!

En la comparant avec l’autre extrait, vous allez pouvoir constater qu’Henry a bien changé entre les deux livres…

Pourquoi? Vous allez le découvrir un jour…

« – Henry, je veux que vous m’expliquiez ce que je fais ici. Vous m’avez enlevée, et j’ai le droit de savoir pourquoi. Êtes-vous des pirates?

Le foulard noir qui masquait le visage du capitaine remua tandis qu’il plissait les yeux.

– Non. Ne m’appelez pas Henry, lui dit-il sèchement. Appelez-moi simplement capitaine.

Marianne fronça légèrement les sourcils. Des sons étranges accompagnaient les paroles du capitaine; elle ne pouvait pas l’ignorer. Elle avait l’impression qu’il gardait dans sa bouche une immense boule de gomme à mâcher, ou encore, qu’il lui parlait en faisant rouler sur sa langue une éponge imbibée d’une matière visqueuse et collante. Pour accentuer son dégoût, elle remarqua aussi à cet instant l’odeur qui flottait dans la pièce. Alors que sa propre cabine sentait l’humidité et que l’air salin de la mer agrémentait le pont du navire, la chambre du capitaine était imprégnée d’un parfum musqué et viril, qui semblait chercher à dissimuler une odeur écœurante, à la fois âcre et métallique. Ce mélange d’odeurs provenait-il du capitaine lui-même?

– Nous ne sommes pas des pirates, nous sommes des corsaires, ajouta celui-ci en ignorant très certainement la véritable cause du trouble soudain de la jeune femme.

– Je crois que ça ne change pas grand-chose pour moi, dit-elle avec froideur. Capitaine, dites-moi pourquoi vous m’avez enlevée, et ce que vous avez l’intention de faire de moi.

Il poussa un soupir ennuyé, qui fut suivi par un chuintement particulièrement visqueux.

– Je ne vais certainement pas tout vous expliquer, dit-il d’un ton un peu hautain.

– Et pourquoi pas? dit Marianne avant de serrer les dents.

Le silence se mit alors à flotter dans la pièce, ce qui permit à la jeune femme de constater que l’eau de la bouilloire était en train de bouillir. Elle émettait un frémissement qui ne tarderait pas à gagner en intensité.

Le capitaine se recula contre le dossier de son fauteuil comme pour témoigner d’un confort exagéré.

– Parce que tel est mon bon plaisir, répondit-il enfin d’un ton encore plus hautain.

La mâchoire de Marianne se serra davantage. Elle eut la désagréable impression que, si son hôte semblait tout d’abord mal à l’aise devant elle, il faisait maintenant des efforts pour paraître arrogant et désagréable. Pourquoi?

– Votre bon plaisir, c’est de me laisser dans l’ignorance? avança-t-elle.

– Non. Mon bon plaisir est de ne pas vous tourmenter inutilement avec des choses que vous ne pouvez pas comprendre.

La jeune femme fit de son mieux pour rester calme.

– Vous ne voulez pas me tourmenter? Ce qui me tourmente, capitaine, c’est de ne pas savoir ce qui se passe. »

Mon histoire n’a pas encore de titre, mais elle avance à un bon rythme! Mon carton de planification était plein, alors je l’ai viré de bord… Je suis maintenant en train d’écrire le chapitre 19.

Faites connaissance avec Henry

Ce mois-ci, sur ma page Facebook, c’est le deuxième livre de ma Mini Collection, Henry, qui est mis en vedette.

Henry aime le thé. Et vous?

Le personnage d’Henry va être très important dans l’histoire que je suis en train d’écrire. Si vous n’avez pas encore lu ce petit livre qui sert d’introduction à ce personnage, en voici un petit extrait:

« Bientôt, l’équipage du Manchot, sous la supervision du second du capitaine, commença à manœuvrer pour s’approcher tout en douceur du port de La Royave, et y accoster. On ordonna un peu brusquement au jeune homme de s’écarter afin de ne pas gêner le travail des marins. Henry se tint donc immobile dans un coin et contempla l’adresse et la discipline des hommes qui manipulaient voiles et cordages.

Un peu plus tard, le navire était amarré au bout d’un immense quai, et l’équipage commençait à décharger la marchandise qui était entassée dans la cale. Henry tenta, comme son père l’aurait sans aucun doute fait, de superviser la façon dont ses caisses de thé étaient transportées et empilées sur le quai, mais aucun marin n’écouta ses directives ni ne le prit au sérieux, et on lui ordonna une fois de plus de s’écarter.

Henry supposa que les marins du Manchot le méprisaient parce qu’il était jeune et inexpérimenté. Le fait que ses parents soient riches, et qu’il deviendrait forcément riche à son tour, ne devait pas les inciter à apprécier sa présence. Le voyage du retour semblerait interminable, puisqu’il ne pourrait plus compter sur la compagnie de Marie-Anne. »

Dans un futur blogue, je vous partagerai un extrait exclusif de l’histoire que je suis en train d’écrire, et qui se passe longtemps après le premier voyage d’Henry en mer…

Le film de la semaine: Terreur virtuelle

Ça fait un bout de temps que je n’ai pas écrit dans mon blogue, mais au cas où vous vous questionnez à ce sujet, je vous confirme que mon pouce blessé va de mieux en mieux, que mon poisson Gwynplaine est heureux dans son nouvel environnement, que mes projets avancent bien, et que j’ai toujours peur des gens.

Ceci étant dit, j’ai un nouveau film d’écrivaine en péril à vous présenter! Le film de la semaine est Terreur virtuelle, ou Serialized dans sa version originale. Il s’agit d’un thriller canadien, sorti en 2017, que j’avais enregistré à Cinépop.

«Une auteure de romans policiers constate avec effroi qu’un meurtrier s’inspire des histoires qu’elle écrit et fait paraître en ligne pour commettre ses crimes.»

Dès le début, je me suis dit, bon, ça a l’air pas mal original… Soit c’est elle la meurtrière, soit c’est un de ses fans.

Quand le film a commencé, j’ai tout de suite vu que c’était le genre de film avec des acteurs qui ont des noms et des faces inconnues, et qui a été fait pour passer directement à la tv. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose… C’est juste que ces films-là, au niveau des couleurs et de l’éclairage, ils ressemblent à des documentaires ou à des téléromans.

Le film, donc… Ça commence avec Hannah, l’auteure, qui lit son nouveau livre devant quelques fans. Ensuite, elle a un rendez-vous avec son éditeur, qui lui dit que ses livres sont trop intelligents et pas assez commerciaux pour bien se vendre, alors il la laisse tomber.

Son parcours dans le monde de l’édition, c’est l’aspect du film qui m’a le plus intéressée, en tant qu’auteure auto-éditée. Sa maison d’édition était vraiment croche, et son amie lui proposait de se tourner vers l’auto-édition, en lui promettant qu’elle ferait beaucoup plus d’argent en publiant ses oeuvres elle-même sur internet, ce à quoi Hannah répondait «Si seulement c’était si facile!».

Oui, en effet, Hannah… Si seulement c’était si facile.

Avant de laisser son amie publier ses chapitres sur internet, elle tente de trouver une nouvelle maison d’édition qui accepterait de la publier. Sa rencontre avec un autre éditeur m’a bien fait rire. Elle lui demande si elle peut avoir une avance, et il lui répond qu’ils ne font plus d’avances à leurs auteurs. Elle lui demande alors comment les auteurs font pour vivre… et il répond que la plupart de leurs auteurs font de l’argent en enseignant la création littéraire.

Elle lui dit donc quelque chose du genre, si je comprends bien, la seule manière pour moi de faire de l’argent, ça serait de donner des cours pour montrer à d’autres auteurs comment ne pas gagner leur vie?

C’était drôle, et triste en même temps, parce que c’était trop réaliste comme situation. Pour faire de l’argent en tant qu’auteur, il faudrait donc écrire des livres commerciaux, ou offrir des services à d’autres aspirants auteurs qui ne gagneront pas d’argent eux non plus. Merveilleux.

Mais revenons-en plutôt au fameux meurtrier qui s’inspire de l’histoire d’Hannah pour tuer des gens… Qui est-il ou qui est-elle?

Il y avait plusieurs suspects… Un fan collant qui savait absolument tout sur elle et qui était persuadé qu’ils étaient amis. Un voisin inquiétant qui l’espionnait et n’arrêtait pas de l’inviter à sortir avec lui même si elle n’était pas intéressée. Son amie qui était excitée chaque fois qu’il y avait un nouveau meurtre, et qui insistait pour dire que ça leur faisait une belle publicité. Son ex mari débile qui l’avait laissée pour une autre auteure, mais qui n’arrêtait pas d’aller la voir pour lui dire qu’il était encore amoureux d’elle et voulait revenir dans sa vie.

Finalement, la coupable était la nouvelle blonde de son ex mari, qui avait élaboré un plan, que je n’ai pas trop compris, pour s’approprier le travail d’Hannah et devenir riche et célèbre. Les auteurs gagnent leur vie comme ils peuvent, n’est-ce pas?

Le film était divertissant, et je n’ai pas réussi à démasquer le meurtrier…

Je n’aimerais évidemment pas qu’une personne s’inspire de mes livres pour commettre des crimes. Mais j’aimerais bien, par contre, qu’une de mes oeuvres se fasse télécharger plus de 600 fois seulement quelques heures après avoir été mise en ligne.

C’est ce qui arrive à Hannah, et c’était selon moi l’aspect le moins réaliste du film.

J’ai peur des gens

Je ne suis pas une fille très sociable, et je ne me sens pas à l’aise avec tout le monde. Pas avec n’importe qui. Et ça m’arrive de me dire que c’est parce que parfois, j’ai peur des gens.

Pourquoi?

J’ai peur des gens parce qu’il y en a qui semblent croire que d’autres méritent de mourir à cause de la couleur de leur peau. Parce qu’il y en a qui méprisent ceux qui ne leur ressemblent pas. Parce qu’il y en a qui sont fiers de déclarer qu’ils sont racistes. Parce qu’il y en a qui ont décidé que la pandémie n’était qu’un mensonge ou une conspiration, et qu’ils se moquent de ceux qui prennent la mort et la souffrance au sérieux. Parce qu’il y en a qui semblent vouloir profiter de la situation pour mettre en place des lois qui n’ont pas d’allure. Parce qu’il y en a qui, derrière leur écran, se permettent d’insulter, de ridiculiser et de rabaisser ceux qui ne pensent pas comme eux, qui ne partagent pas leurs valeurs, leurs opinions et leurs certitudes. Et je pourrais énumérer plusieurs autres raisons…

Est-ce qu’on ne pourrait pas juste être gentils et bienveillants les uns envers les autres? Si c’est trop difficile de s’aimer, est-ce qu’on pourrait au moins juste se respecter, et respecter le fait qu’on est tous différents? Come on, la gang, je suis sûre qu’on est capables!

J’ai peur des êtres humains parce qu’ils peuvent être méchants, cruels, violents, égoïstes, méprisants et stupides… Alors que je sais très bien qu’ils peuvent aussi être honnêtes, généreux, tolérants, altruistes, et pleins de compassion et de bonnes intentions.

Mais des fois… on dirait que ça ne leur tente juste pas?

 

Ça peut sembler bizarre de dire que j’ai peur des gens mais que j’aime les films d’horreur… Mais sérieusement, je n’ai jamais vu un film aussi effrayant que la réalité. Et même quand un film est troublant, révoltant ou dégoûtant, ce n’est qu’un film, une histoire. Personne n’a souffert pour de vrai.

Et d’une certaine manière, je pense que le fait de regarder des films d’horreur, ou certains films, en tout cas, me permet d’essayer de mieux comprendre les gens. D’essayer de mieux comprendre leurs motivations, leurs forces et leurs faiblesses. C’est quelque chose que je ne sais pas comment bien expliquer, mais je pense que les fantômes, les adorateurs de Satan qui font des sacrifices humains, les vampires, les poupées maléfiques, et même les tueurs fous m’aident à avoir une meilleure vision de l’humanité.

C’est aussi un peu pour ça que j’écris.

Dans mes histoires, il y a des personnages méchants, oui. Et des bonnes personnes qui peuvent faire de mauvaises choses. Mais pour les rendre crédibles, il faut que je me mette à leur place pour comprendre pourquoi ils font ce qu’ils font, et pour essayer de le faire comprendre aux lecteurs.

Et puis, en tant qu’auteure, je peux m’arranger pour punir les personnages qui sont vraiment horribles… Et en montrant des exemples de personnages bien intentionnés qui se retrouvent dans des situations douloureuses ou injustes, mais qui ne deviennent pas des monstres pour autant, je pense que je me crée un peu de réconfort.

Donc, j’ai peur des gens, mais je ne les déteste pas. Je sais qu’ils sont capables du meilleur comme du pire, et j’essaie, à ma manière, de comprendre pourquoi…