10 raisons pour lesquelles j’ai choisi de publier mon livre moi-même

Ces temps-ci, pour ma job (ma job, c’est d’écrire des textes divers, souvent en anglais, pour une compagnie de marketing, et c’est ce qui me permet de payer mon loyer et mon épicerie, choses que mes ventes de livres ne me permettront sans doute jamais de faire) … Pour ma job, donc, je dois écrire des textes du genre «8 bonnes raisons d’utiliser tel logiciel», ou «10 choses que votre plombier aimerait que vous sachiez», pour pleins de compagnies différentes.

J’ai eu l’idée d’écrire un texte comme ça, mais pour promouvoir mon prochain livre, «Le Goût de l’Eau». Voici donc 10 raisons pour lesquelles j’ai choisi de publier mon livre moi-même.

1.Ça coûte moins cher

Mon premier roman, «Le Parfum du Vent», a été publié avec une maison d’édition à compte d’auteur, Les carnets de Dame Plume. Même si j’ai beaucoup aimé travailler avec eux, et que ce sont des gens très sympathiques et passionnés par ce qu’ils font, c’est moins cher de publier un livre moi-même. En faisant tout moi-même, je n’ai pas à payer de frais d’édition, seulement des frais d’impression.

2.Je suis capable de le faire

Quand j’ai décidé de publier moi-même mon recueil d’histoires courtes «Ourse Ardente et 15 autres histoires», grâce au site lulu.com, je pensais que ça serait peut-être compliqué, ou désagréable. J’ai découvert que ce n’était vraiment pas si compliqué! J’écris des histoires, et j’ai décidé d’illustrer moi-même les pages couvertures de mes livres, alors pour moi, les réviser et préparer leur mise en page, c’est tout à fait logique.

3.J’avais envie de le faire

Même si réviser une histoire et la transformer en livre prêt à être imprimé, ça demande beaucoup de temps, j’avais envie de le faire. Il faut penser à beaucoup de choses, et suivre plusieurs étapes, surtout quand on s’occupe de créer un livre en version papier, mais aussi en version numérique… Mais en fin de compte, c’est amusant de voir le projet évoluer et devenir un livre, un vrai livre!

4.J’aime faire différentes choses

J’aime écrire, mais j’aime aussi dessiner, peindre, et bricoler. Je me débrouille bien pour faire du graphisme, et ça fait plusieurs années que j’ai créé moi-même mon site internet, et le site internet de Gontrand le Chevalier, ma bande dessinée. Faire aussi la mise en page et le graphisme de mes livres, ça s’ajoute aux choses que je peux faire et que j’aime faire.

5.Je tiens à garder le contrôle de mon oeuvre

Ça, c’est quelque chose de très important pour moi. Ça fait longtemps que je sais que je veux publier mes livres, comme je veux, sans que personne ne vienne m’imposer un titre, une page couverture, ou quoi que ce soit d’autre. Je pensais comme ça bien avant d’avoir fini d’écrire mon premier livre! Je préfère créer mes livres comme je veux qu’ils soient, quitte à ce qu’ils soient moins populaires, plutôt que de les remettre à une maison d’édition qui pourrait chercher à leur apporter des changements.

6.Je peux facilement modifier mon livre au besoin

Pour mon premier livre, si je voulais commander des copies additionnelles, ou si j’avais des modifications à faire, il fallait que je contacte Les carnets de Dame Plume. Ce n’est pas compliqué, mais j’aime le fait de pouvoir commander moi-même le nombre de copies dont j’ai besoin, et de pouvoir faire facilement et rapidement des modifications aux fichiers de mon livre si c’est nécessaire. Je n’ai pas besoin de demander à quelqu’un d’autre de le faire pour moi, je peux le faire moi-même, n’importe quand.

7.Je suis fière de ce que j’accomplis

Si mon livre n’est pas populaire, ce sera de ma faute, en quelque sorte. S’il est populaire, ce sera grâce à moi, et je pourrai être fière de ce que j’ai accompli! Surtout, je suis fière d’avoir complété ce projet, et d’avoir créé un livre qui me ressemble, qui correspond à la vision que j’avais, et à mes attentes. Tenir dans ses mains la toute première copie de son livre, après avoir travaillé dessus pendant des jours (pendant des années, plutôt, si on compte le temps que j’ai pris à l’écrire), c’est quelque chose de vraiment merveilleux!

8.Je ne veux pas que mes livres soient pilonnés

Avez-vous déjà entendu parler de pilonnage? C’est une façon de détruire des livres quand ils ne se vendent pas, pour recycler le papier. Détruire des livres! J’aime les livres, et je peux difficilement supporter l’idée que des tas de livres soient détruits, juste parce qu’une maison d’édition ne sait plus quoi faire avec. Publier un livre avec une maison d’édition, c’est faire partie de «l’industrie» du livre, et le but d’une industrie, c’est surtout d’être rentable… En publiant mes livres moi-même, je sais qu’ils sont imprimés à la demande, quand moi j’en commande, ou quand quelqu’un en achète sur le site de lulu.com. Comme ça, je sais que le destin de mes livres ne sera jamais d’être pilonnés par centaines!

9.Je ne suis pas la seule à le faire

Depuis que je participe à des salons du livre à compte d’auteur, je lis beaucoup plus de livres québécois qu’avant. J’admire les gens qui ont choisi de publier et de promouvoir leurs livres par leurs propres moyens, parce qu’ils sont passionnés, parce qu’ils aiment ce qu’ils font, parce qu’ils croient en eux et en leur talent, et parce qu’ils croient que c’est possible de rejoindre les gens en leur présentant leurs oeuvres. C’est ce que je veux faire, moi aussi.

10.J’ai une mission à relever

Je lis parfois des livres à compte d’auteur qui sont excellents. D’autres qui me plaisent un peu moins. D’autres qui m’agacent parce qu’ils contiennent des fautes et des tournures de phrases étranges… (Mais bon, j’ai déjà trouvé des fautes et des tournures de phrases étranges même dans des livres publiés par de «vraies» maisons d’édition!) Je crois que plusieurs personnes ont des préjugés envers les livres publiés à compte d’auteur, et je crois que c’est notre mission, en tant qu’auteurs indépendants, d’essayer de prouver que nous pouvons publier des livres de qualité.

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Pourquoi précommander?

Les précommandes sont ouvertes! Les précommandes sont ouvertes!

Si vous attendez impatiemment le moment où vous pourrez précommander votre copie de mon roman «Le Goût de l’Eau», votre impatience est maintenant récompensée!

Vous pouvez précommander mon roman en cliquant ici. Vous pouvez aussi acheter des signets que j’ai fabriqués moi-même, des affiches, et plein d’autres belles choses…

Mais pourquoi précommander?

Eh bien, c’est tout simple: vos précommandes m’aideront à payer les frais d’impression de mon roman. En tant qu’auteure indépendante, je suis responsable de tout: écrire le roman, illustrer la page couverture du roman, corriger le roman, faire la mise en page du roman, et faire imprimer le roman pour pouvoir enfin vendre le roman. Faire imprimer le roman en plusieurs copies coûte de l’argent, et en tant qu’auteure indépendante et travailleuse autonome, je suis loin d’être riche. Et voilà!

Si vous ne précommandez pas de copie, vous pourrez quand même acheter mon roman plus tard, ne vous inquiétez pas. Mais si vous souhaitez m’aider, précommandez votre copie avant le 12 Octobre!

Ceux qui viendront à mon lancement, ou que je connais personnellement, pourront même économiser les frais de livraison… Une véritable aubaine!

J’ai hâte que vous puissiez lire la suite et la fin de l’histoire de mon dragon!

Je vous présente le fabuleux chauffe-eau des précommandes!

Voici le chauffe-eau des précommandes, que je mettrai à jour chaque fois que je recevrai une nouvelle précommande… Pour l’instant, le niveau d’eau à l’intérieur a monté grâce aux commandes de t-shirts et d’autres articles dans ma Boutique Spreadshirt.

Pourquoi un chauffe-eau? Eh bien… C’est parce que j’aime tellement beaucoup les chauffe-eaux, que je ne pouvais pas faire autrement. Et puis, ça convient mieux au thème de mon roman qu’un thermomètre qui indique le niveau d’argent amassé, non?

Un an après la Nouvelle-Écosse

Il y a un an, j’étais en Nouvelle-Écosse avec mes parents. Quelque part au Cap Breton, plus précisément.

Ces derniers jours, j’ai regardé toutes nos photos de voyage, et mes souvenirs rapportés des endroits merveilleux qu’on a visités. Je m’ennuie de la Nouvelle-Écosse, c’était tellement beau!

Un an… On dirait que cette année-là a passé vraiment vite. Ça me fait surtout réaliser que ça fait un an que des nouveaux personnages, des nouvelles idées et des nouveaux bouts d’histoire vivent dans ma tête! En marchant sur les plages de la Nouvelle-Écosse, les pieds dans l’eau, j’avais développé des idées pour une future histoire, ou plutôt, pour une sorte de prologue à une future histoire qui était quand même déjà bien développée.

Depuis un an, il y a des bouts de ces histoires qui apparaissent régulièrement dans ma tête, qui demandent à être développés, précisés, et pris en note, pour ne rien oublier. J’ai appris à bien connaître mes personnages, et je pense qu’ils ont vraiment hâte que ça soit à leur tour de commencer à exister sur du papier, puis dans un livre.

Je vais bientôt publier «Le Goût de l’Eau», ce qui va mettre un terme à mon histoire de dragon. Après ça… Ça va peut-être être le temps de commencer sérieusement à écrire une histoire de marins, de mer et de grands voiliers.

Une photo de moi sur la plage de Hunts Point, prise par mon père. Ça fait bizarre de penser qu’il faisait assez froid pour que je porte un gros hoodie avec un capuchon, mais que j’étais quand même en shorts! En comparaison, je n’ai presque jamais porté de shorts cet été…

Ça avance et ça recule

Maintenant que mon 2e nouveau chauffe-eau semble bien fonctionner (je touche du bois), je peux me concentrer pleinement à mes démarches de révision pour publier mon roman Le Goût de l’Eau, qui sera lancé le 22 Octobre prochain pendant le Salon littéraire du Québec à Victoriaville.

La grande révision de mon roman avance très bien… Elle devrait être terminée d’ici la fin du mois! Après ça, je vais être rendue à faire la mise en page du roman, en version numérique et en version imprimée… je devrai aussi travailler sur quelques autres petites choses.

Mais pourquoi est-ce que le titre de ce blogue est «Ça avance et ça recule»? C’est que j’ai fait un petit retour dans le temps… Tant qu’à me préparer pour la publication de la suite de mon roman Le Parfum du Vent, j’ai décidé que je pourrais aussi le réviser.

Voici l’endos du sympathique cahier Canada jaune qui me sert de manuel de correction et de révision de mes deux livres de dragon!

Mon premier livre avait été publié grâce à la maison d’édition Les carnets de Dame Plume. J’ai beaucoup aimé travailler avec eux, mais maintenant, j’ai décidé de tout faire par moi-même… Je vais donc publier une deuxième édition de mon roman, avec quelques petites corrections et quelques petits changements… Si vous avez lu Le Parfum du Vent, ne vous inquiétez pas! Il n’y aura pas de changements dans l’histoire, et vous n’avez absolument pas besoin de vous procurer une copie de la deuxième édition du roman.

Un des changements que j’ai apporté, par exemple, c’est que des parties du dialogue du dragon étaient en italiques, et je n’aimais pas ça, et surtout, je ne voulais pas utiliser l’italique dans Le Goût de l’Eau. Ce n’est qu’un petit changement pour assurer une meilleure cohérence entre mes deux oeuvres. La cohérence, c’est important!

Le fait de préparer une deuxième version du Parfum du Vent me permettra aussi de vendre mon livre en ligne, entre autres sur Amazon… Je ne m’attends pas à réaliser des ventes formidables, mais au moins, mes deux livres de dragon seront disponibles en ligne, en version numérique et en version papier. J’aurais au moins fait de mon mieux pour les rendre disponibles…

Donc, tout avance bien, lentement mais sûrement, mais peut-être pas aussi lentement que je m’y attendais… Je vais donc bientôt publier un nouveau livre, mais aussi, une nouvelle version de mon premier livre! Hourra!

En fin de semaine, j’ai fait une petite séance photo avec ma cousine Marie-Noëlle. Une des photos qu’on a prises se retrouvera à l’endos de mon nouveau livre… Mais ce ne sera pas celle-là!

Je n’ai plus le goût de l’eau

J’aime l’eau. J’aime la mer, j’aime les lacs, j’aime les vagues. J’aime être sur un bateau.

L’eau, c’est aussi vraiment le fun dans une salle de bain, quand vient le temps de se laver, ou de se brosser les dents, ou d’aller à la toilette…

Mais ces temps-ci, je suis vraiment, vraiment écoeurée de voir de l’eau.

Tout a commencé vendredi passé, vers 2h du matin, alors que j’allais me brosser les dents avant de me coucher… Il y avait une flaque par terre, une grosse flaque d’eau. Mon chauffe-eau avait coulé…

C’est tu cave un peu, un chauffe-eau? Ça fonctionne, tout va bien, et puis le jour où ça brise, ça commence à se vider partout sur le plancher, sans crier gare… Et quand c’est le milieu de la nuit, et que y’a de l’eau partout à terre dans ta salle de bain, ça te tente juste pas. Tu en viens presque à regretter d’avoir déjà pris des douches et des bains chauds.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là! Les propriétaires du bloc sont venus m’installer un nouveau chauffe-eau, mon père est venu me donner quelques conseils, le concierge est venu refaire la soudure d’un tuyau qui coulait suite au changement du chauffe-eau, et comme après ça, il y avait encore de l’eau qui coulait à terre, un autre monsieur est venu, a vérifié mon nouveau chauffe-eau, et a déclaré qu’il avait un défaut de fabrication, et qu’il faudrait m’en installer un autre.

Je ne suis même pas sûre si l’installation de cet autre nouveau chauffe-eau va se faire demain, et si c’est le cas, je ne crois pas que je vais arriver à lui faire confiance, et à ne pas ouvrir la porte chaque fois que je vais dans la salle de bain, pour vérifier si il n’aurait pas, par hasard, commencé à couler par terre lui aussi.

À l’intérieur de la chambre aux horreurs…

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça?

Mais voyons, mon prochain roman, qui sera lancé pendant le Salon littéraire du Québec à Victoriaville, le 22 Octobre prochain, s’appelle Le Goût de l’Eau! N’est-ce pas ironique? Jai écrit un roman dans lequel il y a plein d’eau, de l’eau partout… et l’eau décide d’envahir ma salle de bain, partout, à répétition! Venez à mon lancement! Achetez mon livre! S’il vous plaît…

Mais bon… c’est tellement ridicule, tout cette histoire de chauffe-eau, que je ne pourrai pas faire autrement que d’utiliser ça dans un éventuel roman. Ça tombe bien, je sais exactement dans quelle histoire une anecdote comme celle-là pourrait marcher.

En tant qu’auteure, c’est mon devoir, et c’est tout naturel pour moi, d’utiliser des évènements dont je suis témoin et de les transformer en quelque chose d’intéressant, en quelque chose d’utile… Je vous garantis qu’un bon jour, dans un des livres que je vais écrire, il va y avoir un gars qui va avoir de gros, gros problèmes avec son chauffe-eau, et qui va être écoeuré en maudit, avec des touches d’humour douteux.

C’est tellement vrai…

Traduction: «Un auteur – et, je crois, tous les gens en général – doit penser que ce qui lui arrive est une ressource. Chaque chose nous est donnée pour une raison, et un artiste doit sentir cela avec encore plus d’intensité. Tout ce qui nous arrive, incluant nos humiliations, nos mésaventures, nos embarras, tout nous est donné comme du matériel brut, comme de l’argile, pour que nous puissions donner forme à notre art.»

Vacuité

Ma cousine Marie-Noëlle Audet est la troisième personne à avoir relevé le défi qui se trouve à la fin de mon Mini Livre Gratuit… Et moi, j’ai relevé le défi de lui écrire une histoire bizarre avec la phrase qu’elle m’a envoyée!

La voici:

Vacuité

Ça fait trois jours qu’il neige sans arrêt dans notre local et on commence à être tannées d’être gelées et de devoir pelleter chaque soir pour trouver la batterie de Steph. Je n’exagère pas : sa batterie est vraiment enterrée par la neige, chaque soir, et il faut pelleter pour la sortir de là pour qu’elle puisse jouer. Heureusement, Daf et moi on peut ranger nos instruments en haut de l’étagère, mais pour la batterie, ce n’est pas vraiment possible.

Le premier soir où c’est arrivé, on ne l’a vraiment pas trouvé drôle. Daphné était déjà là quand Stephanie et moi on est arrivées. En voyant la neige qui avait recouvert le sol et la batterie, et qui continuait de tomber, on était découragées et on a annulé notre pratique.

Le lendemain après-midi, pendant que je travaillais, j’ai reçu un message de Daf, qui m’a texté : «Vicky, attache ta tuque avec d’la broche, j’apporte une grosse pelle!» J’ai compris que ça voulait dire qu’il n’était pas question d’annuler notre pratique encore une fois. On a un spectacle prévu la semaine prochaine, et il faut être prêtes. Ce soir-là, on est arrivées au local avec nos manteaux, nos bottes, nos tuques, nos foulards et nos gants. On a apporté des pelles, et on a déneigé la batterie de Steph, et dégagé assez d’espace pour pouvoir s’installer et jouer.

L’industrie de la musique change, c’est ce que tout le monde dit. Il faut s’y faire. Louer un bon local de pratique de nos jours, ce n’est vraiment pas facile. On a des amis qui trouvent leurs instruments couverts de spaghetti à la sauce tomate chaque fois qu’ils entrent dans leur local, et Daf dit que son cousin a un groupe lui aussi, et que dans leur local, il pleut un jour sur deux. On considère donc que pour le prix qu’on paye pour louer le nôtre, la neige, ce n’est pas si grave, même si on ne comprend pas d’où elle vient puisqu’on est en juillet. Au moins, ça ne nous empêche pas de jouer… Il faut juste s’habiller chaudement, et pelleter. Oui, on commence à être tannées, mais on s’encourage en se disant que la situation pourrait être bien pire.

 

La pratique de ce soir se déroule plutôt bien. Steph est un peu enrhumée, ma basse est glaciale, la guitare de Daf est couverte de givre, et le micro se perd dans un petit nuage de condensation quand elle chante, mais sinon, tout va bien.

En fait, on a l’esprit ailleurs, ça se voit. Je ne sais pas à quoi les filles sont en train de penser, mais moi, je trouve que les chansons qu’on a composées dernièrement manquent de quelque chose. Elles manquent de vie, de couleurs, de rythmes… Je ne sais pas trop, mais il manque quelque chose.

On finit de jouer une chanson qu’on a reprise trois fois ce soir, et Daf essuie son micro avec un bout de son foulard. Elle garde ensuite la tête baissée, comme si elle réfléchissait. Steph et moi, on échange un regard. On sait que ça veut dire qu’il faut attendre. Il ne faut pas interrompre Daphné quand elle réfléchit, oh non! Dans l’état où se trouve notre local, ça pourrait provoquer une avalanche.

Au bout d’une minute ou deux, elle se débarrasse du petit monticule de neige qui était en train de se former au sommet de sa tête, et elle nous regarde.

– Steph, Vic, ça va être tout pour ce soir… Ça marche pas, on dirait. On se revoit demain?

Je hoche la tête.

– Demain c’est samedi, je travaille pas et j’ai rien à faire… Je peux arriver plus tôt, si c’est correct pour vous aussi!

– Ça va pour moi, dit Stephanie. Je peux être…

Elle s’interrompt en écarquillant les yeux.

– Les filles… Regardez dehors!

Daf et moi on se retourne, en se demandant bien ce qui se passe de si terrible. On remarque que toutes les lumières de la rue sont éteintes. On ne voit plus les lampadaires, ni l’enseigne lumineuse du dépanneur. En fait, on ne voit plus rien du tout. Je m’approche, je viens me coller le bout du nez dans la vitre de la fenêtre. Le décor a changé… Tout a l’air enneigé, maintenant, comme l’intérieur de notre local. Tout est enneigé, partout. Pourtant, il se trouve au troisième étage d’un immeuble, notre local! Mais il y a de la neige, oui, jusqu’au bas de la fenêtre.

Je me retourne. Les filles sont pâles, presque aussi blanches que la neige. Je me dis que je dois avoir exactement le même air qu’elles.

– Bon… On y va? dit Daphné d’une voix qui tremble un peu.

Stephanie et moi on approuve, on quitte le local au plus vite, sans rien dire de plus. On descend l’escalier de l’immeuble, qui empeste la cigarette et l’humidité, et on sort dehors.

Dehors, tout est normal. Les lampadaires, l’enseigne du dépanneur, les autos, les passants, tout est là. Surtout, il n’y a pas de neige. Stephanie se met à ricaner.

– Eh ben… Les filles, je pense qu’on a halluciné grave! Ça doit être la neige dans notre local qui se reflétait dans la fenêtre.

– Oui, que j’ajoute, une sorte d’illusion d’optique… Quelque chose comme ça.

Daf plisse les yeux en regardant vers la fenêtre du local. Elle ramène ensuite son regard vers nous, puis enlève son foulard et sa tuque d’un geste lent. C’est vrai qu’on a l’air un peu folles, habillées comme ça, en plein mois de juillet.

– C’est peut-être le stress, propose Daf. Notre show qui s’en vient, moi, ça me stresse… J’ai l’impression…

Elle a l’air de chercher ses mots. On la laisse chercher, en enlevant nos manteaux.

– J’ai l’impression que ça marche pas, nos chansons, qu’elle reprend. Il manque… Je sais pas, il manque quelque chose. Vous trouvez pas? Steph? Vic?

Elle nous regarde en attendant nos commentaires. Stephanie pince les lèvres et baisse les yeux.

– Oui, que je dis, moi aussi je trouve ça. Il manque quelque chose…

Daphné hoche la tête, satisfaite de voir qu’on partage son point de vue.

– Bon… On en reparlera demain? Il faut vraiment qu’on soit prêtes pour le show, c’est tellement important!

On approuve, et on se quitte, en se donnant rendez-vous le lendemain, vers 1 heure.

 

Le lendemain, quand j’arrive, les filles sont déjà là. Elles m’attendaient dehors devant l’immeuble. On se salue, on entre dans l’immeuble, on monte lentement l’escalier. Avant d’entrer dans notre local, on remet nos manteaux, nos tuques, tout.

Daphné nous regarde d’un air sérieux avant d’ouvrir la porte. C’est évident qu’on a toutes un peu peur de revoir le même paysage qu’hier soir par la fenêtre… On entre, et la première chose qu’on remarque, c’est qu’il ne neige plus. Par contre, la batterie de Stephanie est encore enterrée de neige, et il fait toujours aussi froid.

– Merde, les filles… Regardez! dit Daf.

On s’approche toutes les trois de la fenêtre. Comme on a nos manteaux de toute façon, je décide de l’ouvrir. La rue et les passants ont encore disparu, il ne reste absolument plus rien de la ville. Je sors la tête à l’extérieur, et l’air froid et sec me pique les narines. Sans consulter les filles, j’enjambe le rebord de la fenêtre et ma botte se pose sur de la neige compacte. Il n’y a que ça, partout. Une vaste plaine blanche s’étend devant nous, sous un ciel bleu éclatant, sans nuages.

J’avance de quelques pas, en regardant partout. Je me retourne. Les filles m’ont suivie, l’air ébahies. La fenêtre et la façade de l’immeuble se trouvent encore juste derrière elles, émergeant bizarrement du sol blanc et glacé.

– C’est pas une illusion, hein? dit Steph d’une toute petite voix. Et c’est pas le stress non plus! C’est…

– C’est… Je sais pas, poursuit Daf. Mais c’est beau! C’est juste… C’est juste parfait!

Elle prend une grande inspiration. Je l’imite, me remplissant les poumons d’un air pur, tellement pur qu’il me donne l’impression de n’avoir jamais été respiré par personne avant aujourd’hui.

Je ne comprends pas ce qui se passe, et je pense que je n’ai pas besoin de comprendre. Je suis émerveillée par l’immensité blanche et glacée qui nous entoure, fascinée par la beauté du ciel, envoûtée par la pureté de l’air. Je ne veux pas me poser trop de questions, pour ne pas gâcher ce moment vraiment magique.

– Les filles! On va chercher nos instruments! propose Daf d’une voix enjouée.

On retourne dans notre local, et on commence par dégager la batterie de Steph, encore une fois. Daf prend sa guitare et son micro, je prends ma basse, on apporte nos amplis à l’extérieur, et Steph sort sa batterie. On réussit à s’installer, en restant près de la fenêtre.

Et on joue, on joue toute la journée, sans prendre de pause, sans se questionner, sans se remettre en question. On joue toute la journée, jusqu’au soir. On s’arrête parce qu’on a faim et que, même si la lumière de notre local est ouverte, à l’extérieur, sous le ciel d’un noir profond, on ne voit plus grand-chose.

On se donne rendez-vous le lendemain, à la même heure.

 

Pour le prix qu’on paye chaque mois, on a accès à un endroit vraiment extraordinaire pour pratiquer nos chansons ensemble. On est retournées jouer dehors chaque jour depuis notre grande découverte. On a même écrit quelques nouvelles chansons, et on a enfin trouvé ce qui manquait à celles qu’on avait déjà.

Ce qui nous manquait, c’était de l’espace. Nos chansons allaient trop vite, et elles étaient surchargées. À vouloir trop en faire, tout en même temps, on n’en avait jamais assez. Maintenant qu’on a décidé d’en faire moins, tout sonne mieux, et ce qu’on a nous semble parfait. On espère que les autres seront d’accord avec nous. Jouer dehors nous a inspirées. On souhaite maintenant que notre musique évoque la beauté, la pureté, la tranquillité des grands espaces, et la puissance fragile de la nature.

Ce soir, c’est notre spectacle, celui qu’on attend depuis longtemps. On est prêtes. Il est temps d’enlever nos manteaux, nos bottes, nos tuques, nos foulards et nos gants, de monter sur scène, et de montrer ce qu’on est capables de faire.

Parée à l’écoute de foc!

Au secours, j’ai attrapé une maladie en naviguant sur le Fleuve St-Laurent! Je crois que j’ai le scorbut.

Euh, non… C’est plutôt un genre de rhume pénible… J’ai le cerveau en compote, le nez qui coule, et on dirait que mon corps a l’impression que ça bouge tout autour de moi, comme si j’étais encore sur le bateau, ce qui est ridicule vu que je n’ai pas eu le mal de mer une seule seconde pendant qu’on naviguait, ni une fois de retour à terre. Je pense que je fais de la fièvre, mais je ne suis pas certaine, parce que je n’ai même pas de thermomètre chez nous.

Bref, je ne suis pas tout à fait en pleine forme, mais je dois tout de même me remettre au travail, et ça, ça implique d’essayer de vous faire un petit résumé de mon voyage, que je vous avais annoncé en Avril dans mon blogue intitulé Bientôt, je serai un matelot.

Je me suis embarquée sur le voilier-école Roter Sand, à Tadoussac, le 16 Juillet à 13h, et je suis débarquée au port de Québec le 18 Juillet, vers 16h30. Entre ces deux moments, j’ai marché, mangé, dormi, appris, et travaillé sur ce charmant voilier:

Le Roter Sand à Tadoussac, 1 jour avant mon grand départ.

Ça a été une belle expérience, même si on a pu faire de la voile seulement le 3e jour… Il n’y avait pas assez de vent, au début du voyage, pour contrer le courant du Fleuve, alors on a avancé grâce au moteur du voilier.

L’équipage du voilier était très sympathique, et les autres «passagers» aussi. On était 17 personnes, en tout! (Voici d’ailleurs un article qu’ÉcoMaris vient de partager sur Facebook, et qui présente la capitaine du Roter Sand: Rendez-vous 2017: des navigatrices qui défient les stéréotypes.)

Je vais essayer de vous faire un petit résumé de mes moments favoris du voyage… Il faut qu’il me reste de l’énergie pour travailler, après ça! Donc… Le premier jour, on a quitté le quai après avoir fait connaissance, et reçu quelques consignes. Ça n’a pas été long avant d’apercevoir un autre grand voilier à l’horizon, le Europa.

Le Europa!

On a aussi vu des baleines et des bélugas, mais je n’ai pas réussi à prendre de photos… En soirée, avant d’aller se coucher, on a observé des planktons, au microscope, mais l’image était projetée sur une toile… Je pense que je n’ai pas vu grand-chose, dans ma vie, de plus étrange qu’un paquet de planktons géants qui grouillent! Il y en a de toutes les formes, de tous les styles… C’est vraiment captivant.

Le lendemain, je me suis levée vers 5h… À temps pour voir le magnifique El Galeon sortir lentement de la brume! J’ai même tenu la barre du voilier pendant un moment, avec le El Galeon qui naviguait en parallèle avec nous…

Le voyez-vous? On dirait la silhouette d’un navire fantôme…

Cette journée-là, j’ai aidé à huiler une bonne partie du pont du Roter Sand, on a appris à faire quelques noeuds marins, et je me suis jointe à une petite chorale avant le dîner!

Plus tard, j’ai aidé à remplir le journal de bord et à tracer notre position sur une carte, on a appris plein de choses sur les feux de signalisation pour la navigation de nuit, et on a vogué jusqu’à Québec, pour s’ancrer dans la Baie de Beauport, vers minuit!

C’est rare que je prends des photos d’hélicoptère le matin… En fait, c’est jamais arrivé avant.

Le lendemain matin, on s’est fait espionner par un hélicoptère qui a tourné autour de nous pendant un moment… Après déjeuner, on a eu un petit cours très intéressant sur les types de gréements traditionnels!

Le temps était enfin venu de faire un peu de voile… On a monté les 4 voiles du Roter Sand, et on a zigzagué devant le Château Frontenac, en s’en allant vers le pont… Il y avait  plein de petits voiliers et de petits bateaux qui passaient près de nous, et nous prenaient en photo! Je n’avais malgré tout pas beaucoup de temps pour admirer le paysage, car j’étais postée à l’écoute de foc, sur bâbord, avec 2 autres personnes.

Mais qu’est-ce que c’est qu’une écoute de foc? Wtf?

Eh bien, à l’avant du Roter Sand (et de la grande majorité des voiliers, je dirais!) il y a 2 voiles triangulaires: le foc, et la trinquette. Le foc est la voile située le plus vers l’avant, et c’est en le faisant changer de bord qu’on peut faire virer le voilier… Il fallait donc soit que les matelots parés à l’écoute de foc tirent sur l’écoute (la corde) de la voile, ou la laissent aller, selon la direction dans laquelle il fallait faire virer le voilier. Fin du petit cours vulgarisé!

Ça, c’est la pointe avant du foc, qui est attachée au mât de Beaupré. Au loin, on voit quelques-uns des grands voiliers arrivés à Québec, pendant qu’on s’amusait avec les voiles!

Je me suis beaucoup amusée, j’ai appris plein de choses intéressantes, j’ai découvert notre beau Fleuve St-Laurent sous un autre angle, et j’ai pris plus d’une centaine de photos!

J’ai aussi trouvé un peu d’inspiration pour les histoires que je vais écrire, un jour…