L’Artiste et l’Insécurité

Parfois, je me dis que j’aimerais être capable d’être toujours sûre de ce que je fais.

En regardant une oeuvre créée par quelqu’un d’autre, qui est considéré comme un artiste, ou en lisant un livre écrit par quelqu’un d’autre, qui est considéré comme un écrivain, c’est facile pour moi de supposer que ce quelqu’un d’autre a du talent et a travaillé fort pour obtenir un tel résultat. Travaillé sans craintes, et sans hésitations, et sans doutes. Ce n’est probablement pas le cas, mais c’est souvent l’impression que j’ai, puisque je ne sais pas par quel cheminement est passé cet artiste, cet écrivain.

Par contre, mes cheminements à moi, je ne les comprends peut-être pas toujours à mesure, mais je suis dedans, je suis toujours dedans, puisque j’ai plusieurs projets en cours et qu’ils se développent leeentement, très lentement. C’est donc facile pour moi d’être critique par rapport à mes propres créations. J’ai souvent l’impression que ce n’est pas assez bon, que ce n’est pas assez beau, que ce n’est pas comme je voulais, que c’est comme je ne voulais pas, que c’est trop sombre, que c’est trop coloré, que c’est trop intense, que c’est trop plate…

Est-ce que ça fait de moi une artiste incapable de créer ce qu’elle veut créer, ou incapable de s’en tenir à sa propre vision du début à la fin d’un projet? Non, je ne crois pas… Mais je suis insécure, c’est évident. C’est évident pour moi, et peut-être que ça pourrait aussi devenir évident pour une personne qui prendrait la peine de lire tout mon blogue depuis le début.

Est-ce que l’insécurité fait forcément partie du caractère d’un artiste? Je ne sais pas si c’est le cas pour tout le monde, mais c’est mon cas à moi, et je pense même que ce n’est pas exactement une mauvaise chose, même si bien souvent ça me ralentit ou m’empêche de faire certaines choses.

Quelques exemples concrets: dans ma dernière entrée de blogue, je parlais d’une toile sur laquelle je travaille depuis un bon moment. Cette peinture n’a pas encore de nom, et même le roman pour lequel elle servira un jour de page couverture n’a pas encore de nom! En commençant le travail sur cette toile, j’avais une idée bien précise en tête… J’avais une bonne idée du résultat à obtenir, mais pas exactement du chemin à suivre pour m’y rendre. Comme je l’ai déjà mentionné, je prends une photo de ma toile chaque fois que je travaille dessus… Et l’analyse de ces photos me rappelle que j’ai souvent changé de direction en chemin! Je trouvais qu’il n’y avait pas assez d’arbres, j’en rajoutais, ils étaient trop pâles, ils n’étaient pas de la bonne forme… Depuis le début, je suis satisfaite de certains aspects de ma toile, mais je suis aussi insatisfaite de plusieurs choses, et j’ai l’impression générale que déjà, avant même d’avoir terminé, l’image finale ne sera pas comme je voulais qu’elle soit.

Hier, j’ai fait quelque chose que je voulais faire depuis quelques jours, mais que j’avais peur de faire. J’ai recouvert presque toute la surface de ma toile avec de la peinture verte, diluée dans de l’eau. Pas dans le but de recommencer du début, non, mais pour ajouter de la profondeur et de la texture à ma forêt, pour accentuer certaines zones, pour en modifier les couleurs… C’est un procédé un peu effrayant! Contrairement à un dessin coloré dans Photoshop, je ne peux pas juste effacer ou revenir en arrière si jamais je fais une erreur! Si ça ne marche pas comme je voulais, ma toile est gâchée! Mais je l’ai fait quand même. Et si j’ai encore beaucoup de travail à faire pour être satisfaite de ma toile, l’opération «Mettre du vert partout» a été un succès… je crois.

Autre exemple: j’ai commencé le nouveau design de mon site Internet. Mon concept est un peu relié au fait que j’ai récemment réalisé que j’avais un peu trop besoin de mon ordinateur pour plusieurs de mes projets. Le logo de mon site et les boutons de navigation seront faits en papier… Vous comprendrez en le voyant. Même si j’aime mon concept, en même temps, on dirait que je ne suis pas sûre à 100%… Pas sûre de quoi, je ne sais pas, mais je ne suis pas sûre. Mais bon, je vais pousser mon idée jusqu’au bout… et si jamais je n’aime pas ça, je pourrai toujours rechanger le tout plus tard!

Dernier exemple: dans mon entrée de blogue intitulée «Des rénovations en vue», je parlais d’un projet de vidéoclip en animation auquel j’allais peut-être participer. Eh bien, je confirme que je vais dessiner des décors pour ce vidéoclip! Le travail est officiellement commencé, et j’ai même déjà 2 décors de terminés en ce moment. Le clip est pour un artiste appelé McFrontalot, et la chanson s’appelle «Colonel, Panic!»

C’est la première fois que je dessine des décors pour une animation, et c’est aussi la première fois que je dessine à partir d’idées et de croquis qui appartiennent à un autre artiste, et qui doivent s’adapter aux personnages créés par d’autres artistes. C’est un nouveau défi intéressant, et si jusqu’à maintenant je me suis amusée en créant mes deux premiers décors, j’avoue que j’ai ressenti un petit stress au moment de les envoyer à l’artiste en charge pour approbation, et encore plus au moment de lire ses réponses! Mais jusqu’à maintenant, le travail que j’ai fait est «correct» et «great»! Il faudrait donc que j’arrête de m’inquiéter, que je puisse juste apprécier le fait de participer à un tel projet! Quand le vidéo sera prêt, mes dessins seront partout dedans! C’est quelque chose.

Où est-ce que je veux en venir? Parfois, j’aimerais être capable de toujours être sûre de ce que je fais. J’aimerais pouvoir arrêter de douter, arrêter de questionner mes idées et mon talent. Mais en même temps, je vois mon insécurité comme un sentiment qui doit faire partie de mes cheminements artistiques. C’est peut-être même une motivation.

Si je ne suis jamais certaine à 100% de ce que je fais, c’est que j’essaie toujours de faire mieux. Je crois que l’art, ce n’est pas seulement faire, c’est surtout essayer. Et si je réussissais toujours tout ce que je crée, avec facilité et confiance du début à la fin, si je ne doutais jamais de rien, si je n’essayais pas autre chose juste pour voir ce que ça ferait, si je ne rencontrais jamais d’obstacles et de déceptions… Si j’étais toujours fière de tout ce que je fais, est-ce que j’aurais toujours le désir et le besoin de continuer à créer?

3 avis sur « L’Artiste et l’Insécurité »

  1. Ton insécurité est une forme de perfectionnisme, moi aussi je me pose un paquet de question quand je fais une toile, je ne suis pas sur des détails et du résultats. Souvent avec du recul et du temps je fini par me dire: – Ben coudonc ! c’est beau en fin de compte! Et Justement, le fais d’être perfectionniste te pousse à vouloir continuer et améliorer tes projets 😉

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  2. c,est pas facile le métier d,artiste,,,en tout cas,,dit toi que ta mere,,,elle est toujours fiere de ce que tu fais,,je suis ta fan,,,numéro un,,,continue,,d,etre ce que tu es,,,je t,aime comme ca,,,xx

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  3. L’insécurité…comme tu dis, ça fait sans doute inévitablement partie de la création (et de nombreux autres cheminements dans la vie en général). Je suppose que l’important, c’est qu’elle ne devienne pas nuisible et n’empêche pas de créer mais qu’elle pousse plutôt à faire des essais et à aller plus loin…

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