Adieu 2013

En ce 2 janvier, je souhaite à mon blogue et à mon lectorat une «Bonne Année!!!!», ce qui est assurément une chose originale à faire.

Me voici de retour, après un temps des fêtes bien chargé… De retour dans mon antre, et dans la vie normale. Je viens de prendre un moment pour faire un survol de ce que j’ai écrit dans mon blogue en 2013.

Le 10 janvier 2013, j’écrivais: «Mon but, pour 2013, c’est d’arriver à enfin terminer, puis publier un de mes nombreux livres, ou, au moins, de m’en rapprocher le plus possible. Mon but, c’est d’écrire plus, même quand j’ai l’impression que je n’ai pas le temps, même quand j’ai l’impression que j’ai des choses plus importantes à faire, même quand j’ai l’impression que ça ne me tente pas. Surtout quand j’ai l’impression que ça ne me tente pas, pour me prouver que je n’ai pas raison.»

Le temps du bilan! Est-ce que j’ai réussi à terminer d’écrire un de mes livres? Oui! Est-ce que je l’ai fait publier? Pas encore. Est-ce que j’ai pris l’habitude d’écrire plus souvent? Plus ou moins… il y a encore du chemin à faire de ce côté là.

Je n’ai pas complètement rempli mon but de 2013, mais je n’ai pas échoué non plus. Et surtout, j’ai récemment fait une découverte d’une grande importance: en 2013, j’ai découvert ce qu’était la Résistance.

Pratiquez-vous une activité artistique quelconque? Si oui, vous est-il déjà arrivé d’avoir l’impression que vous n’aviez pas envie de pratiquer cette activité artistique en question, même si vous savez que vous adorez ça?

Moi ça m’est arrivé. Souvent. Ça m’arrive depuis des années, et c’est sans aucun doute une des raisons pour lesquelles ça m’a pris 10 ans pour terminer d’écrire Le Parfum du Vent. C’est la raison pour laquelle je travaille sur un autre livre depuis plus longtemps encore.

Chaque fois, ou presque, que j’envisage de prendre un peu de temps pour écrire, je ressens une sorte de sentiment bizarre, pas clair et pas très beau, et j’ai l’impression que je n’ai pas envie d’écrire. J’ai l’impression que je n’ai pas le temps, ou que ça ne sert à rien, ou que je ne suis pas bonne, que je perds mon temps et que je devrais juste abandonner. Pourtant, j’aime écrire. C’est ce que je veux faire depuis toujours. Et une fois que je me suis décidée à passer par-dessus mon sentiment bizarre, et à écrire, je suis contente, et je me rappelle à quel point j’aime ça. Mais la fois d’après, ça recommence… Je n’en ai jamais vraiment parlé à personne, parce que je trouvais ça juste bizarre, et peut-être même un peu honteux. Ce sentiment me ralentit et m’amène à me remettre en question depuis beaucoup trop longtemps.

En 2013, j’ai découvert que je n’étais pas seule dans mon cas! En lisant des blogues et des articles, j’ai découvert que beaucoup d’artistes souffraient (oui oui, souffraient!) de ce sentiment qu’ils appellent la Résistance.

Pour ce que j’en comprends, la Résistance, c’est une sorte de mécanisme d’auto-censure artistique, qui peut même devenir de l’auto-sabotage. C’est comme si un artiste s’empêchait inconsciemment de créer. Pourquoi? À cause de la peur, je suppose. La peur d’échouer, la peur d’être jugé, la peur de ne pas être à la hauteur.

J’ai pris une éternité à écrire mon premier livre, parce que j’avais peur.

En 2013, j’ai aussi découvert quelque chose de plutôt encourageant.

J’ai compris que ressentir de la Résistance, ce n’était pas un signe disant qu’il fallait cesser de créer. Ce n’est pas non plus un signe que ce qu’on essaie de créer est voué à l’échec.

Ressentir de la Résistance, c’est un signe que ce qu’on fait est important, et vaut la peine d’être fait.

Mon premier but, plutôt abstrait, pour l’année 2014, est de COMBATTRE LA RÉSISTANCE!

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7 avis sur « Adieu 2013 »

  1. Je comprend exactement (ou presque) de quoi tu parles…! Je vais à tous les jours dans les cubicules du cégep pour pratiquer le piano, en me disant que je suis tannée et que ça me tente pas. Je passe des heures par semaine à jouer du piano et pourtant je passe presque autant d’heures (j’exagère!) à me dire que ça me tente pas! Et la résistance? À chaque cours de piano, je travaille des trucs avec mon prof, et après je n’ai plus du tout envie de les pratiquer, parce que j’ai peur de pas le faire comme il faut ou que ça soit trop difficile… donc j’attend d’avoir oublié un peu ce que mon prof m’a dit pour pratiquer ma pièce sans les contraintes difficiles….et c’est cave! Mais c’est normal j’imagine? Parce que j’aime jouer du piano, comme tu aimes écrire? Et que ce sont des choses qui apportent quelque chose de plus dans notre vie, un sentiment qu’on retrouve pas ailleurs. Et c’est normal d’avoir peur, c’est totalement normal. Encore plus dans ton cas! Moi, je suis stressée pour mes concerts, mais quand tu joues en concert le public est conciliant, parce qu’ils se disent que c’est stressant, et que se tromper ça arrive à tout le monde. C’est sûr que quand tu écris, les gens ont plus l’occasion de te juger, parce que tu es pas dans leur face et qu’ils ont le temps de repasser sur ce que tu as fait pour vraiment voir s’ils aiment ça ou pas. Mais la peur t’encourage à bien faire et fuck it man, comme je l’ai lu quelque part un jour, et j’ai trouvé ça bien : You want it more than you’re afraid of it! Moi, j’ai confiance en ton talent! 🙂 2014 est l’année de la réalisation des rêves, hourra!

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    • Hourraa! Merci l’ami!
      Et oui, c’est assez cave, comme sentiment… Mais au moins quand on se rend compte que c’est effectivement quelque chose de normal, et qui touche beaucoup de gens, on se sent un peu mieux…
      Quand j’ai découvert que ça s’appelait la Résistance, j’ai eu comme un grand moment de révélation: il manquait juste une lumière éblouissante qui descend du plafond et une fanfare avec des petits anges qui chantent «Aaaalléluiaaaaa!».

      Au moins, je découvre que le fait de se créer une habitude, et de s’obliger à faire ce qu’on aime faire quand ça nous tente pas, ça fonctionne! Parfois c’est dur, mais en fin de compte ça aide à avancer plus vite!

      Et ouais, ça fait du sens que ça doit être plus difficile pour quelqu’un qui écrit (ou dessine, ou peint) que pour quelqu’un qui joue un concert…. Sauf dans le cas d’un pianiste professionnel qui a juste «pas le droit» de faire d’erreur!

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      • Oui, il faut s’habituer à se forcer à le faire… un moment donné, ça devient naturel d’être genre, FUCK ça me tente pas, mais tu te questionnes quand même pas sur le fait que tu le fais genre…tu t’y mets par instinct même si t’es là à te dire que c’est de la marde! Hehe, un jour tu t’en renderas même pus compte!

        Et ouais, sauf qu’un pianiste professionnel c’est plus rare qu’il se trompe et, par convention, il a le droit de jouer avec ses partitions si ça lui tente, alors que nous on a pas le choix de jouer sans!

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