Ourse Ardente: un extrait

Je travaille toujours à la correction de mes histoires courtes… J’ai presque terminé.

Dès que mon recueil sera prêt en version numérique, il sera envoyé à tous les gens merveilleux qui ont participé à mon projet Livrez au Suivant en me fournissant une phrase à partir de laquelle j’ai écrit une histoire.

Ceux et celles qui n’ont pas participé au projet pourront aussi se procurer le recueil, pour une somme très modique. Les histoires sont écrites dans des styles différents, et je crois qu’il y en aura pour tous les goûts.

En attendant, voici un extrait de l’histoire qui a inspiré l’image de couverture ainsi que le titre de mon recueil: Ourse Ardente. Cette histoire a été écrite à partir de la phrase de France Brière.

Ourse Ardente

Mère pour la vie, mère et grand-mère. Oria avait toujours été fière de ces deux rôles. Son mari était mort depuis longtemps. Elle avait élevé ses quatre enfants seule, et lorsque trois d’entre eux se marièrent et eurent à leur tour des enfants, elle se donna pour mission de devenir la grand-mère idéale. Elle s’était montrée à la hauteur de sa mission, si bien que tous les enfants du petit village de Rac s’étaient mis à l’appeler Grand-maman. Elle en était ravie. Son coeur était assez grand pour tous. Elle s’occupait même de Bo et Ysa, deux oursons orphelins qui la visitaient souvent et qui avaient besoin de nourriture et de réconfort.

Elle n’avait jamais eu peur de travailler dur, et elle avait toujours su se débrouiller avec presque rien. Elle aimait sa famille plus que tout, et sa vie était remplie de bonheur. Rien au monde ne la rendait plus heureuse que de passer un après-midi dans son jardin ensoleillé, entourée de ses sept petits-enfants et de ses oursons.

Mais depuis quelques mois, une ombre s’installait peu à peu dans son coeur. La situation du pays était instable. Le Pays d’Obajour, à la frontière est de la Galetrie, avait commencé à s’emparer de quelques villages. Des soldats s’attaquaient fréquemment à Bannes, la capitale de la Galetrie, qui se trouvait près du village de Rac, de l’autre coté du fleuve. Malgré l’opposition de sa mère, Lazlo, son fils aîné, avait décidé de rejoindre l’armée de Bannes qui s’affairait à repousser les envahisseurs.

Le Pays d’Obajour menaçait d’envahir la Galetrie depuis plusieurs années, mais personne ne s’attendait vraiment à les voir un jour passer à l’acte. Et personne en Galetrie ne savait pour quelle raison leurs terres étaient tant convoitées par leurs voisins de l’est. Certains racontaient qu’ils étaient intéressés par un minerai précieux qui abondait dans le sol, mais personne n’aurait pu dire de quel minerai il s’agissait. D’autres disaient que les familles riches du Pays d’Obajour étaient tout simplement à la recherche d’esclaves.

Oria se préoccupait peu de savoir ce qui motivait réellement ces comportements hostiles. Elle n’avait jamais rien compris à la guerre, ni à la violence. Elle aurait aimé pouvoir tout simplement nier leur existence, et continuer à croire qu’elle serait toujours à l’abri chez elle, où vivaient aussi Tasha, sa plus jeune fille, avec ses enfants Sarine et Pel. Elle savait cependant qu’un jour ou l’autre, les habitants de Rac seraient en danger.

Elle le savait, parce qu’elle entendait chaque jour des nouvelles inquiétantes. Si elle tenait à se garder au courant de l’avancement des troupes du Pays d’Obajour, c’était d’abord et avant tout parce qu’elle espérait recevoir des nouvelles de Lazlo. Depuis qu’il était parti pour Bannes, il semblait que personne ne l’avait vu. Elle parlait chaque jour avec les villageois, surtout avec ceux qui voyageaient fréquemment entre Rac et la capitale, ou qui se rendaient souvent dans d’autres villes et villages du pays. Aucun d’entre eux ne pouvait lui dire où était son fils, ni ce qui lui était arrivé. Il avait rejoint l’armée de Bannes, puis, semblait-il, il avait disparu.

En revanche, on rapportait presque chaque jour qu’un nouveau village était tombé aux mains de l’envahisseur, ou encore que les soldats de Bannes combattaient vaillamment afin de garder leurs positions.

Les jours passaient, et aucune nouvelle de son fils aîné ne parvenait à ses oreilles. La peur était sur toutes les lèvres, dans tous les regards. Oria tentait de masquer ses inquiétudes afin de ne pas attrister ses petits-enfants, mais ceux-ci sentaient tout de même que quelque chose n’allait pas.

Sa fille aînée Adelina habitait la ville de Minc avec son mari Ryn et leurs quatre enfants Drad, Bess, Iss et Artin. Ils venaient souvent la visiter à Rac, mais depuis que la situation du pays avait commencé à se détériorer, leurs visites se faisaient de plus en plus rares. Même son plus jeune fils Joni, qui habitait Rac avec sa femme Lila et leur fille Eresa, venait la voir de moins en moins souvent. Lui qui était d’ordinaire si souriant avait maintenant un air soucieux et craintif dont il ne se défaisait plus.

Vers le milieu de l’automne, elle implora Joni de l’accompagner jusqu’à Bannes. Elle sentait qu’elle n’arriverait pas à savoir si quelque chose était arrivé à Lazlo, mais elle tenait tout de même à se rendre sur place afin d’y glaner le plus d’informations possible.

Ils se rendirent donc à Bannes, où ils apprirent rapidement que des mouvements de résistance étaient en train de s’organiser dans plusieurs des villes du pays. Les habitants se rassemblaient pour discuter de ce qu’ils savaient des actions de l’ennemi, et les plus braves d’entre eux étaient prêts à assister l’armée de Bannes, ou encore à repousser les soldats du Pays d’Obajour de leur propre initiative.

Car partout dans les rues de Bannes, on racontait que l’ennemi avait l’intention de prendre toute la Galetrie par la force, une ville à la fois. Oria et Joni discutèrent avec beaucoup de gens, mais comme ils s’y attendaient, personne ne put les renseigner sur le sort de Lazlo, pas même le haut gradé de l’armée de Bannes qu’ils parvinrent à rencontrer.

Déçus, ils rentrèrent à Rac. Ils ramenèrent de leur court voyage de nouvelles inquiétudes, mais aussi de nouvelles idées; ils allaient inciter les habitants de leur village à se joindre au mouvement de résistance.

Ils parlèrent de leurs intentions à ceux qui voulurent les écouter, et bientôt, les plus vaillants décidèrent de se joindre à eux. Avec 12 membres, la Résistance de Rac commença ses activités. On donna à Joni le titre de Chef. Quant à Oria, dont l’implication dans ce groupe étonnait plusieurs personnes, elle reçut le nom de code Ourse Ardente, et ce nom lui plaisait beaucoup.

Fin… de l’extrait!

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