Juste un pas

Un autre défi de relevé! Mon amie Marie-Ève Simard a relevé le défi qui se trouve à la fin de mon Mini Livre Gratuit, et elle m’a demandé de lui écrire une histoire dramatique à partir de la phrase «Ça commence souvent comme ça.»

Voici l’histoire que j’ai écrite pour elle:

Juste un pas

Ça commence souvent comme ça. Quelque chose démange dans mon cou, sur ma nuque. Pas vraiment une démangeaison; c’est plus comme une sorte de chatouillement, comme si un insecte aux pattes fines se promenait sur ma peau. Pas une fourmi, non, quelque chose de plus lent, comme une araignée, ou peut-être un papillon… peu importe.

Peu importe, car je sais bien qu’il n’y a pas d’insecte. Je suis habitué, maintenant. Ce n’est qu’une sensation bizarre qui annonce que quelque chose va se passer. Quelque chose de terrible. Je pourrais tout simplement appeler ça un sixième sens. Je crois que ça serait plus facile à expliquer, non?

Ça m’arrive avant les orages électriques et les grosses tempêtes de neige. Ça m’est arrivé quelques minutes avant de me retrouver impliqué dans un accident de la route. Ça m’est arrivé le matin où ma voisine est morte. Ça m’est arrivé plusieurs fois.
Ça n’arrive pas fréquemment, non, mais ça commence souvent comme ça, par un chatouillement désagréable dans mon cou. Quand ce n’est pas le chatouillement, c’est juste une impression, une impression très claire que quelque chose va se passer, mais le plus souvent, c’est le chatouillement.

Ce matin-là, je n’allais nulle part en particulier. C’était ma première journée de congé depuis une éternité, et je n’avais pas envie de la passer enfermé chez moi, même s’il ne faisait vraiment pas beau. Une journée grise, fade et humide; une humidité fraîche qui ne semblait pas annoncer de pluie.

Tout était tranquille, jusqu’au moment où le chatouillement a commencé. Mes mains se sont crispées sur le volant de ma voiture, et je me suis retenu pour ne pas écraser la pédale de frein sous mon pied. La route était dégagée, il n’y avait qu’une seule voiture devant moi, à une bonne distance.

Je surveillais la route, alerte. Je m’attendais à voir surgir quelque chose devant moi: une moto, un chevreuil, un enfant en train de courir derrière un ballon. Quelque chose. Quelque chose allait se passer, parce que mon sixième sens m’avertissait que quelque chose se passerait.

J’ai roulé lentement, puis j’ai fini par atteindre le pont, sans pouvoir me débarrasser ni du chatouillement, ni de mon inquiétude. Le pont surplombe une rivière assez large, qui coule d’un bon débit quand l’eau est haute au printemps, mais qui glisse lentement entre plusieurs rochers pointus pendant presque tout l’été. De chaque côté de la rivière, la rive est mangée par des buissons épais, puis par une petite forêt de bouleaux et d’érables. C’est un endroit paisible, où j’ai toujours eu l’impression de pouvoir me rapprocher de la nature.

Mes mains se sont crispées encore plus quand j’ai remarqué qu’il y avait quelqu’un sur le pont. Pas quelqu’un dans une voiture; quelqu’un qui se tenait debout de l’autre côté de la petite barrière qui était là pour donner aux automobilistes et aux piétons un certain sentiment de sécurité. Un homme, debout. À voir la manière dont sa tête était penchée vers l’avant, dont ses épaules étaient effroyablement voûtées, je savais qu’il n’était pas là pour admirer la rivière ou encore pour pêcher la truite.
Non. Il était là parce qu’il voulait sauter. Parce qu’il voulait mourir, ou parce qu’il croyait qu’il le voulait.

J’ai retenu mon souffle, puis l’air est sorti de ma bouche dans une sorte de soupir sec et saccadé, tandis que mes mains se desserraient un peu. J’ai ralenti, puis j’ai arrêté ma voiture. Je ne savais pas quoi faire, mais je savais que je ne pouvais pas tout simplement poursuivre mon chemin, et ignorer le fait qu’un homme était sur le point de se suicider en sautant en bas du pont.

Je suis sorti de ma voiture. J’ai regardé la route qui menait au pont et qui le quittait, dans l’espoir de voir apparaître du renfort; une voiture de police, une ambulance, les pompiers, un autre automobiliste, un cycliste, un piéton, un chevreuil. N’importe qui. Mais il n’y avait personne. C’était à moi d’agir.

J’ai pris une grande inspiration, puis j’ai marché vers l’homme. Une dizaine de pas me séparait encore de lui, et je marchais lentement, en traînant mes pieds contre la mince couche de gravier qui recouvrait la route. Je voulais qu’il m’entende arriver. Je ne voulais surtout pas qu’il sursaute en me voyant apparaître sur sa droite, et que ça suffise à lui faire perdre pied et à le faire tomber dans la rivière, parmi les rochers pointus.

Je me suis arrêté à quelques pas de lui, sans oser enjamber la barrière pour aller le rejoindre de l’autre côté.
– Monsieur?
J’ai parlé d’une voix hésitante, un peu gênée, comme si j’avais peur de le déranger.
– Monsieur?

Il ne bougeait pas. Pendant un moment, je me suis demandé, un peu stupidement, s’il n’était pas déjà mort. Il portait un complet gris de belle apparence, qui ne cadrait pas du tout avec la structure métallique usée du pont, avec le gravier, avec la rivière, avec les arbres. Avec une logique un peu froide, je me suis dit qu’il avait l’air d’un homme qui devrait plutôt songer à se jeter du haut d’un immeuble tout en béton et en verre, au cœur d’une grande ville, que du haut d’un pont traversé par une route peu fréquentée.

Je me suis approché encore d’un pas, en appuyant mes mains sur le haut de la barrière.
– Monsieur! Monsieur, écoutez-moi!
Cette fois, ma voix était plus forte, mais suppliante. Il a enfin tourné la tête pour me regarder. Son visage avait un air fatigué, épuisé. Ses yeux étaient aussi gris que le ciel, presque aussi gris que son complet. Maintenant que j’avais toute son attention, je devais trouver quelque chose à lui dire. Je devais essayer de le convaincre de ne pas sauter, de revenir de mon côté de la barrière.

– Monsieur, ne faites pas ça! Ne sautez pas, s’il vous plaît…
Il m’a souri, un sourire fatigué, épuisé. Un sourire gris.
– Ne vous inquiétez pas, me dit-il.
– Quoi? Monsieur, ne sautez pas! Ne faites pas ça… Je ne sais pas ce qui vous a amené ici, mais il y a une autre solution, sûrement!
Il a hoché la tête, lentement.
– Non, je ne pense pas… Laissez-moi tranquille.
J’ai hoché la tête moi aussi. Un peu paniqué, j’ai marché rapidement jusqu’à ma voiture, pour y prendre mon téléphone. Je suis revenu vers lui en lui montrant l’objet.

– Monsieur, je vais appeler la police! Je ne peux pas vous laisser faire!
Il a haussé les sourcils, puis il a poussé un ricanement sec, un petit rire sans aucune joie.
– Rangez votre téléphone, sinon je saute tout de suite! Laissez-moi… vous ne comprenez pas.
– Qu’est-ce que je ne comprends pas? Expliquez-moi!
J’ai remis mon téléphone dans ma poche, et j’ai fait un pas de plus vers lui.
– Expliquez-moi, Monsieur… Expliquez-moi pourquoi vous voulez faire ça.
Il a tourné la tête pour laisser ses yeux dériver sur l’eau de la rivière.
– Vous ne pouvez pas comprendre… Je ne me sens pas à ma place, ici. Je ne suis pas à ma place. Je veux partir.

Le ton de sa voix témoignait d’une telle tristesse, et ses mots étaient enrobés d’une telle douleur que j’ai eu l’impression de sentir le vent me glacer jusqu’aux os tandis que mon cœur se serrait.

– Monsieur… Moi non plus, je ne me sens pas toujours à ma place, mais ce n’est pas une raison… Nous avons tous une place, vous savez? Nous avons tous notre place… Nous sommes tous uniques, et importants.
Il a poussé un nouveau ricanement, un ricanement différent, avec une sonorité un peu méprisante.
– Oh, épargnez-moi vos belles paroles! Je vous dis que vous ne pouvez pas comprendre… Je veux partir, je veux rentrer chez moi, et je crois que c’est la seule façon.

Je ne savais plus quoi lui dire. Peut-être que je ne pouvais pas réellement comprendre pour quelle raison il se tenait là, de l’autre côté de la barrière du pont, mais je comprenais, de plus en plus clairement, qu’il allait sauter. Qu’il allait sauter, et que je ne pourrais pas l’en empêcher. Je me voyais mal en train de l’agripper par le col de sa chemise, et le tirer du bon côté de la barrière… pour ensuite faire quoi?

Il m’a regardé une nouvelle fois. Ses yeux ont essayé d’éviter les miens, et ont glissé jusqu’à mon poignet. J’ai compris qu’il regardait ma montre.
– Vous aimez les montres? m’a-t-il demandé.
Je n’ai rien répondu. Sa question me dérangeait un peu. Je cherchais désespérément quelque chose à lui dire, quelque chose d’utile, qui pourrait le convaincre.
Il a touché son poignet gauche, puis il m’a tendu, de sa main droite, une magnifique montre au cadran en métal ouvragé, autour duquel scintillaient quelques minuscules diamants.

– Vous aimez les montres? a-t-il répété. Prenez la mienne, j’insiste… J’insiste. Elle vous sera plus utile qu’à moi. Là où je vais, le temps n’a plus d’importance.
Je regardais l’objet avec un regard plein de convoitise, mais je n’osais pas le prendre. Je collectionne les montres, voyez-vous. J’en ai plusieurs, de différents styles et de différentes valeurs, et je tiens à ce qu’elles donnent toutes la même heure, à la seconde près. Je vérifie souvent. Quand l’une d’elles prend un peu d’avance ou de retard, j’en ressens un étrange sentiment de décalage.
– Prenez-la, je vous en prie! Si vous ne l’aimez pas, donnez-la à quelqu’un d’autre, ou vendez-la, peu importe.

Il me tendait toujours la montre avec un sourire suppliant. J’ai fini par la prendre. Il a eu un petit hochement de tête satisfait.
– Je n’ai pas le choix.

Au moment où il a terminé sa phrase, il a fait un pas vers l’avant. Juste un pas.
Son corps est tombé dans le vide, mollement, bizarrement, un peu comme si j’étais en train de regarder un film au ralenti. J’ai retenu mon souffle et, un peu malgré moi, je me suis penché vers l’avant pour suivre sa chute. Il ne criait pas, il ne paniquait pas. Il ne faisait que tomber vers l’eau et les rochers. Son corps semblait mou et désarticulé.

J’ai cru le voir disparaître juste avant qu’il touche l’eau. J’ai cru le voir disparaître, tout simplement disparaître. J’ai même cru entendre un «pop!» sec et sonore, comme une parodie de tour de magie; comme si le bouchon d’une bouteille de champagne particulièrement ironique avait sauté subitement pour célébrer quelque chose qui ne méritait pas d’être célébré.

J’ai cru remarquer que la rivière n’avait pas été troublée par la moindre éclaboussure. J’ai vu qu’aucun corps ne flottait. Puis, j’ai reculé de plusieurs pas.
Je suis retourné vers ma voiture, lentement. Non… Il était impossible que l’homme soit simplement disparu. J’avais sans doute cru le voir disparaître parce que je refusais de le voir se noyer. Le voir tomber, c’était une chose, mais le voir se débattre, se débattre et mourir, c’était autre chose. C’était quelque chose de beaucoup trop terrible.

Une fois de retour dans ma voiture, j’ai laissé tomber mon téléphone sur le siège du passager, et j’ai observé la montre de l’homme pendant quelques minutes. Elle affichait la même heure, exactement, que la mienne. Elle était la preuve tangible que je n’avais pas rêvé.

J’ai repris la route, en continuant à me demander ce qui s’était passé. L’homme était-il vraiment disparu, ou mes yeux m’avaient-ils joué un tour? Qui était-il? Un fantôme? Un extraterrestre? Un visiteur venu d’une autre dimension?

Puis, avec une sorte de curiosité malsaine et troublante, je me suis mis à me demander ce qui se serait passé si j’avais sauté, moi aussi, au même endroit que lui. Après avoir épuisé toutes mes questions et mes pensées, et près de la moitié de mon réservoir d’essence, j’ai décidé qu’il était temps de rentrer chez moi.

Oui, ça commence souvent comme ça, par un chatouillement dans mon cou, mais d’habitude, ça ne se termine jamais comme ça.

-Fin-

La richesse d’une auteure inconnue

Vous êtes-vous déjà demandé combien d’argent gagnent vos auteurs préférés?

Je crois que tout le monde peut s’entendre pour dire qu’en général, être auteur, surtout un auteur indépendant, ce n’est pas très payant… Mais vous êtes-vous déjà demandé combien d’argent un auteur pouvait gagner?

Parler de leur ri¢he$$e est un sujet que les auteurs, les artistes, et les gens en général préfèrent souvent éviter, je pense. Ne reculant devant rien pour vous faire découvrir les coulisses de ma vie fabuleuse d’auteure inconnue, je vais vous montrer combien d’argent j’ai gagné avec mes livres pendant le mois de Mai!

Tout d’abord… En Mai, je n’ai vendu aucun livre en personne, ni à partir de mon site internet, et ma mère n’en a vendu aucun non plus. 0$

Voyons voir le rapport de mes redevances sur Amazon

Les chiffres ne mentent pas!

Pour être bien certain que je comprenne, Amazon ne se contente pas de m’indiquer que j’ai gagné 0$ en argent Canadien, mais m’explique aussi que j’ai gagné 0$ en argent Américain, 0 Euros, 0 toutes ces autres devises à travers le monde. 0$

Mes rapports sur Smashwords et sur Lulu sont aussi formels: aucun livre de vendu en Mai. 0$

Ah, mais au début du mois de Mai, j’ai lancé mon Mini Livre Gratuit, en version numérique! Sur la page qui permet de télécharger gratuitement le livre, j’offre la possibilité aux gens de faire un don de 1$, s’ils en ont envie. Une personne l’a fait, mais Paypal a décidé qu’après ses frais d’utilisation, ce don de 1$ devenait pour moi 67¢. 67¢

C’est bien beau tout ça, mais la vie d’auteure inconnue, ça demande aussi des investissements! En Mai, je me suis inscrite pour participer au 2e Salon à compte d’auteur de Gatineau, qui aura lieu en Octobre. J’ai aussi profité d’une opportunité de publicité avec le Salon littéraire du Québec. En tout, ça m’a coûté 200$ pour essayer de promouvoir ma lucrative carrière. -200$

J’ai aussi fait un petit essai, et j’ai investi 4$ en publicités sur Facebook, pour essayer de faire connaître mon Mini Livre Gratuit… -4$

Voici venu le temps du grand calcul: 0$+0$+0$+67¢-200$-4$= -203,33$

Eh oui, en Mai, l’auteure inconnue que je suis a donc gagné -203,33$ grâce à ses livres!

Que me réserve le mois de Juin? Seul le temps nous le dira!

Le cycle, partie 2

Voici la deuxième partie de l’histoire Le cycle, qui complète la première partie que j’ai publiée dans mon blogue hier:

C’était un peu lourd, tous ces cossins-là, mais pas trop. Une fois en haut de l’escalier, j’ai échappé quelques boîtes vides par terre, mais je les ai bottées avec mon pied pour qu’elles atteignent la porte presque en même temps que moi. Je suis sorti de la maison et j’ai marché jusqu’au bord de la rue, où j’ai laissé tomber les maudites vieilles boîtes par terre.

Je suis resté planté là quelques secondes, peut-être quelques minutes, pour essayer de me calmer un peu. L’air était un peu froid, et j’avais l’impression de me sentir observé. Un peu comme si la maison me regardait…

J’avais beau chercher une explication à ce qui s’était passé, je n’en trouvais aucune. Qu’est-ce qui s’était passé dans la maison? Qu’est-ce qui s’était passé? Ce n’était pas mon imagination, j’avais vraiment entendu une voix. Est-ce que c’était une voix… de fantôme?

Je me suis retourné, et j’ai vraiment fait le saut en voyant qu’il y avait un vieil homme derrière moi. Il m’a souri, d’un genre de sourire gêné, comme pour s’excuser de m’avoir fait peur. Peut-être que ce n’était pas un fantôme.

– Bonsoir, m’a-t-il dit. Vous venez d’emménager?

J’ai hoché la tête.

– Oui. Vous êtes mon voisin?

– J’habite à côté, oui, a-t-il répondu en montrant sa maison. Est-ce que vous êtes seul?

Il ne me montrait bien sûr pas la maison vide que j’avais nettoyée par erreur, mais l’autre, de l’autre côté. J’ai encore hoché la tête.

– Non… Ma femme et mon fils vont venir me rejoindre demain.

– Vous avez un fils?

Il a dit ça en haussant les sourcils, avec une genre de lueur d’espoir bizarre dans les yeux. J’espérais que je n’avais pas affaire à un prédateur sexuel, ou quelque chose du genre.

J’ai hésité un peu, puis je lui ai répondu:

– Oui, un grand garçon… Et ma femme est enceinte, la famille va s’agrandir très bientôt.

Là, il a eu l’air soulagé, un peu comme s’il avait eu peur d’avoir une maladie grave, et qu’un docteur venait de lui dire que finalement, tout allait bien. Il a marmonné quelque chose, plus pour lui-même que pour moi. J’ai cru l’entendre dire que le cycle serait peut-être brisé, ou quelque chose comme ça.

– Qu’est-ce que vous dîtes? Le cycle? Le cycle de quoi?

Il a hoché la tête, comme pour essayer de me faire comprendre que ce n’était pas important, mais en sachant qu’il n’avait pas l’air très convaincant.

– Ça fait plusieurs années que la maison est en vente… Votre nouvelle maison, oui. Tous les couples qui l’ont déjà achetée n’avaient pas d’enfant, et… Enfin, ils ont déménagé, ils sont repartis rapidement. Très rapidement.

– Et? Qu’est-ce que vous voulez dire?

Il s’est retourné pour regarder sa maison à lui, un peu comme s’il se cherchait une excuse pour partir sans rien m’expliquer. Il a fallu que j’insiste pour qu’il finisse par ajouter quelque chose, en parlant à voix basse.

– Des choses se sont passées dans cette maison, vous comprenez… Ma fille… Ma fille y est déjà entrée, et elle a eu des problèmes. Toutes sortes de choses se sont passées…

Il a dû remarquer que ses confidences bizarres me faisaient peur. Il a changé de ton, et il a réussi à s’accrocher un sourire amical sur la bouche, même si ses yeux avaient encore l’air inquiet.

– Mais ce n’est pas important! Je suis sûr que tout va bien aller… Bienvenue dans le quartier, et bonne nuit!

Avant que j’aie le temps de lui répondre, il a tourné les talons et il s’est enfui. J’ai jeté un dernier coup d’œil sur la pile de vieilles boîtes que j’avais sortie de ma cave, puis je suis retourné chez moi.

J’ai refermé la porte de la cave, je me suis lavé les mains parce qu’elles étaient un peu poussiéreuses à cause des boîtes, puis je me suis recouché en me demandant de quoi mon nouveau voisin étrange parlait.

J’ai vraiment mal dormi. J’ai encore entendu la voix bizarre qui m’appelait, et plusieurs petits bruits louches que j’essayais d’ignorer. Je ne suis pas certain de croire aux fantômes, mais là, je me demandais sérieusement si je n’avais pas acheté une maison hantée. Il y avait une voix qui sortait de nulle part, il y avait des bruits, et il y avait quelque chose qui ne marchait pas, quelque chose qui n’était pas normal. Est-ce que ma famille pourrait être en danger dans cette maison? Est-ce que j’allais finir par devenir fou si j’y restais trop longtemps?

C’est aujourd’hui, donc, que j’emménage dans ma nouvelle maison. Ma femme m’a appelé, tout à l’heure, pendant que je déjeunais. Elle trouvait que je n’avais pas l’air très enthousiaste, mais je lui ai dit que tout allait bien. Qu’est-ce que j’aurais pu lui dire d’autre? Elle m’a dit qu’elle passerait chercher notre fils, puis qu’ils me rejoindraient ici pour continuer de défaire nos boîtes.

Je sursaute en entendant frapper à la porte. J’abandonne la boîte de livres que j’étais en train de vider, et je vais les accueillir. Mon grand garçon est content de me voir. Il me saute dans les bras, mais il me demande où est passé le grand camion. Je lui explique que le camion est retourné chez lui, mais je ne lui dis pas, bien sûr, que j’ai un peu peur de devoir le rappeler bientôt pour qu’il vienne nous emporter loin de cette maison, loin de cette maudite maison. Je le serre fort dans mes bras. Il me sourit, et il y a quelque chose de spécial dans son regard, comme s’il s’inquiétait pour moi. Je me force pour lui sourire aussi, puis je le repose par terre. Plutôt que d’aller explorer la maison, il reste près de moi.

– Est-ce que ça va? me demande ma femme. T’as l’air bizarre à matin…

Je hoche la tête. Elle me dévisage avec ses beaux grands yeux bruns. Dans la lumière du matin, les traits un peu fatigués, sans maquillage, je la trouve tellement belle! J’ai l’impression que je suis en train de me réveiller après un cauchemar vraiment étrange, et de comprendre, petit à petit, que ce qui m’est arrivé n’était pas réel, et que tout va bien.

– Non, ça va… J’ai juste très mal dormi… J’ai fait un mauvais rêve, je pense. Oui, c’est ça… juste un mauvais rêve!

Elle hausse les sourcils, puis me sourit. Je sais pourtant que ce n’était pas un rêve. Je ne suis pas fou; j’ai vraiment entendu une voix qui disait mon nom, et notre nouveau voisin m’a vraiment raconté des drôles de choses. Ce n’était pas un rêve, mais je sens quand même que c’est terminé.

Je m’approche d’elle, je la prends dans mes bras, je la prends par surprise en même temps. Je lui dis que je l’aime, je la serre fort. Elle répond qu’elle m’aime aussi. Notre grand garçon veut se joindre à notre câlin, je le reprends dans mes bras, on se serre fort, tous les trois, et on se dit qu’on s’aime en ricanant. C’est beau, réconfortant et émouvant, comme le genre de films plates que ma femme aime, parce qu’ils la font pleurer.

Quand notre moment émotif est fini, on se lâche, mais en restant proches. Ensemble, on se met au travail. Il nous reste encore beaucoup à faire pour nous installer chez nous, mais on va y arriver. On est beaux, on est bons, on est capables!

La journée se passe dans la bonne humeur. Je n’entends plus la voix bizarre, et surtout, surtout, je sens qu’il n’y a plus rien de bizarre. Peu importe ce qui ne marchait pas avec notre maison, je pense que c’est fini, maintenant. C’est réparé. Il n’y a plus rien d’étrange, plus rien de menaçant.

C’est simplement notre maison, notre nouvelle maison à tous les trois; bientôt, ce sera notre nouvelle maison à tous les quatre. Je pense que je ne comprendrai jamais ce qui s’est passé, mais j’ai l’impression, comme me l’a dit mon nouveau voisin, que tout va bien aller pour nous.

-Fin-

Le cycle, partie 1

Ma mère Michelle Bouchard a été la première personne à relever le défi qui se trouve à la fin de mon Mini Livre Gratuit! Elle a donc pu me donner une phrase de son choix, pour que j’écrive pour elle une petite histoire, dans le style de son choix.

Comme ma mère adore l’histoire La maison sanglante, elle a voulu que j’écrive une nouvelle suite à cette histoire…

En fait, c’est un peu plus compliqué que ça! On pourrait dire que c’est la fin du cycle de l’histoire de la maison sanglante… Pour lire le tout dans l’ordre, vous pouvez lire:

  1. La maison sanglante, dans mon blogue ou dans mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires
  2. Hémorragie, dans mon Mini Livre Gratuit
  3. Méchant ménage, dans mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires

Et enfin, Le cycle. Comme l’histoire fait 5 pages, j’en publie la première partie ici, et la deuxième partie sera publiée demain!

Sans plus tarder, voici donc…

Le cycle

Après avoir fait accidentellement le ménage chez mon voisin, c’est aujourd’hui que j’emménage dans ma nouvelle maison. En fait, c’est un peu plus compliqué que ça.

Quand j’ai expliqué la situation à mon frère et à Keven et Marc, mes deux meilleurs chums, ils ont ri de moi sur le coup, comme je m’y attendais. Puis, ils ont réalisé que ça voulait dire qu’on avait travaillé pour rien toute la journée, et que ma nouvelle maison, ma vraie nouvelle maison, était encore sale. Là, c’était un peu moins drôle.

On a déménagé notre stock dans la maison d’à côté, et on a à peine eu le temps de commencer à manger nos pizzas avant de voir le camion des déménageurs arriver. Ma femme les suivait avec sa voiture, mais notre grand garçon de 4 ans était monté avec eux dans le camion. Je suis sorti à l’extérieur pour les accueillir.

Il a fallu que j’explique mon erreur à tout le monde. Les déménageurs avaient l’air grognon, comme si ça les concernait… Ce n’était pourtant pas leur problème que je me sois trompé, et que notre nouvelle maison soit pleine de poussière! Je leur ai assuré que ça ne changeait rien, et qu’ils n’avaient qu’à faire leur travail comme prévu. Ils ont commencé à décharger le camion, et même s’ils ne grognaient plus, je ne les ai pas trouvés très professionnels.

Mais ma femme… Je m’attendais soit à ce qu’elle soit fâchée, soit à ce qu’elle rie de moi. En tout cas, j’étais certain qu’elle allait me traiter de cave. Mais non… Elle avait l’air plus surprise que fâchée. Puis, quand je l’ai vue fixer la maison, le teint blême, en posant une main sur son ventre, j’ai commencé à m’inquiéter. Je me suis rappelé ce que le docteur avait dit: que le moindre effort, le moindre choc ou la moindre surprise pouvait être dangereux pour le bébé. Je lui ai dit que ce n’était pas grave, que mon frère et mes chums allaient m’aider à nettoyer notre vraie maison, et qu’elle n’avait pas à s’inquiéter de rien. Je lui ai aussi dit que j’appellerais mon boss pour lui dire que je n’avais pas le choix de prendre une autre journée de congé demain. Surtout, je lui ai suggéré d’aller se reposer dans une chambre d’hôtel; j’avais vu qu’il y en avait un pas très loin de notre nouveau quartier, et je me suis dit que ça serait mieux pour elle que de passer la nuit dans une maison sale et en désordre. Elle a fini par accepter. Je lui ai fait promettre de m’appeler si quelque chose n’allait pas, je l’ai embrassée, elle a embrassé notre grand garçon, puis elle est partie.

J’ai regardé son auto s’éloigner, puis je suis allé aider les autres à décharger le camion. On a décidé de rassembler les meubles et les boîtes au milieu des pièces, surtout au milieu du salon. Comme ça, ça nous laisserait le champ libre pour faire le ménage; et surtout, je ne savais pas trop comment placer tous nos meubles, et je sentais que les déménageurs avaient hâte de nous quitter, alors j’ai décidé de réfléchir à l’aménagement de la maison un peu plus tard.

Pendant ce temps-là, mon grand garçon était tranquille. Il est resté dehors parce qu’il était vraiment fasciné par le camion de déménagement. Marc lui a demandé s’il avait envie de devenir un déménageur plus tard, et il a répondu que non, qu’il avait juste envie d’avoir un gros camion. Moi, je lui ai dit que c’était important de croire en ses rêves!

Vers 5h, mon frère est venu me dire qu’il fallait qu’il parte chercher son fils à la garderie. Il était désolé de ne pas pouvoir nous aider plus longtemps, mais il m’a proposé d’amener mon grand garçon avec lui et de s’occuper de lui jusqu’à demain.

Quand les déménageurs ont fini par partir eux aussi, je me suis retrouvé tout seul avec Keven et Marc, dans une maison remplie de meubles, de boîtes, de poussière et de saleté. Au moins, on avait encore de la bière et de la pizza! On s’est tous entendus pour dire que la pizza froide, c’était encore meilleur que la pizza chaude, alors on a mangé et on a bu en masse, pour se donner des forces et du courage.

Je vous épargne la description de tout ce qu’on a fait du reste de notre journée. On a eu beaucoup, beaucoup d’époussetage à faire, mais au moins, notre stock de nettoyage était déjà sorti et prêt à être utilisé. Il a juste fallu que je fouille dans quelques grosses boîtes pour trouver mon aspirateur. On a aussi installé les électroménagers et le lit.

Finalement, en fin de soirée, les gars sont partis, épuisés de leur journée, mais bien contents d’avoir pu me donner un coup de main, deux fois plutôt qu’une. Je les ai remerciés en leur disant que je leur en devais une, et même, deux. Keven m’a proposé de revenir m’aider à finir de placer mes meubles le lendemain, en après-midi, et je lui ai dit qu’il était le bienvenu. Plus on est de fous, plus on s’amuse, le gros! Les meilleurs chums, ça sert à ça, n’est-ce pas?

Une fois seul dans mon salon, j’ai appelé ma femme pour prendre de ses nouvelles. Elle m’a dit qu’elle allait bien, et elle m’a demandé comment ça s’était passé. Je lui ai répondu que ça avançait bien, et que mon frère s’occupait de notre grand garçon jusqu’à demain. Elle a proposé d’aller le prendre demain matin, en revenant ici. On s’est souhaité bonne nuit, puis, j’ai raccroché.

Là, je sais pas trop ce qui s’est passé. J’ai commencé à me sentir bizarre. Pas comme s’il y avait eu quelque chose de passé date sur nos pizzas, non… C’était plus bizarre que ça. On dirait que je me sentais observé, ou juste qu’il y avait quelque chose qui ne marchait pas avec la maison. Oui, c’était ça; il y avait quelque chose qui ne marchait pas avec la maison. Quelque chose de différent de quand je l’avais visitée pour la première fois avec ma femme. Quelque chose qui n’était pas là quand j’étais avec les déménageurs et avec mes chums, mais quelque chose qui était là, maintenant. Je sais pas trop comment expliquer ça, mais bref, je me sentais bizarre.

J’ai continué à défaire des boîtes, en me parlant tout seul… comme si ça allait m’aider à me sentir plus normal! Je devais plutôt avoir l’air pas mal niaiseux. J’ai fait le lit pour pouvoir me coucher et être confortable, et ensuite j’ai sorti ce qu’il me fallait et j’ai pris une douche.

Une fois propre, je me suis couché, mais dès que ma tête a touché mon oreiller, j’ai eu l’impression d’entendre quelque chose. Une voix. Quelqu’un avait parlé. J’ai retenu ma respiration, et j’ai entendu la voix une deuxième fois. Elle venait du salon. Je me suis assis dans mon lit, et j’ai demandé s’il y avait quelqu’un; oui, comme ils font toujours dans les films d’horreur, et chaque fois, je me dis que c’est niaiseux, mais là, je l’ai fait moi-même. «Est-ce qu’il y a quelqu’un?» C’est clair que si c’est un fantôme, un monstre, ou quelqu’un de dangereux, il ne va pas répondre.

La voix a répondu. Elle a juste dit mon nom, je l’ai entendu très clairement. Je me suis presque jeté en bas de mon lit, et je me suis précipité dans le salon, sans réfléchir.

Les meubles du salon étaient placés n’importe comment, avec des piles de boîtes au milieu de la pièce. Si quelqu’un avait été caché là, j’aurais eu de la misère à le trouver. Mais il n’y avait personne, j’ai vérifié; et pendant que je faisais le tour de la pièce en me cognant les orteils sur quelques boîtes au passage, la maudite voix bizarre continuait de dire mon nom. Je n’ai pas osé ouvrir la lumière, je ne sais pas trop pourquoi. Il y avait de la lumière qui venait de la rue, et qui entrait par la grande fenêtre sans rideaux, mais il y avait surtout des ombres et des coins sombres, à cause des boîtes. Il y avait de la lumière, des ombres, moi qui pognais les nerfs, mais personne d’autre.

J’ai aussi fait le tour de la cuisine, puis de toutes les pièces. J’ai regardé par les fenêtres, puis dans les armoires de la cuisine, dans les garde-robes, dans le bain… J’ai même regardé sous mon lit! Il n’y avait personne, juste une voix, comme une voix de fantôme qui m’appelait.

Là, je vous mentirais si je vous disais que je n’avais pas peur. Bien sûr que j’avais peur. Je n’ai pas pensé une seule seconde que c’était peut-être un de mes chums qui m’avait fait un tour. Il y avait quelque chose qui ne marchait pas, qui ne marchait vraiment pas. Je le sentais.

Si j’avais eu des bouchons pour les oreilles, peut-être que je les aurais mis et que j’aurais essayé de dormir… Peut-être. Mais je n’avais pas de bouchons, j’étais fatigué de ma journée, et même si j’avais peur, j’ai eu l’idée de descendre dans la cave de la maison. Il n’y avait personne à l’étage, mais peut-être dans la cave?

J’ai allumé la lumière de la cave, et je suis descendu, en disant à voix haute que si quelqu’un était caché là, il avait intérêt à se taire et à sortir de ma maison au plus vite. Et c’est là que je les ai vues: les boîtes. Je les avais vues quand on avait visité la maison pour la première fois, et je me demandais, plus tôt aujourd’hui, quand j’étais dans la cave de la maison voisine, pourquoi elles n’étaient pas là. Les maudites boîtes…

La voix continuait à m’appeler, elle parlait encore plus fort que quand j’étais dans le salon, mais je me suis mis à crier pour essayer de l’enterrer. Je lui ai crié de se la fermer, et entre deux «Ta gueule!» je chialais que j’étais tanné de faire du ménage, et que j’allais sacrer toutes ces boîtes-là dehors, et qu’après j’irais me coucher, et que rien n’allait m’en empêcher… Je pense que j’étais pas juste fâché, j’étais en train de virer fou. En plus, la cave puait vraiment, et ça n’aidait pas mon humeur.

J’ai donné des coups de pied dans les piles de boîtes, j’ai défait celles qui étaient vides, et je les ai empilées dans celles qui ne l’étaient pas, sans prendre la peine de regarder quelles cochonneries il y avait dans le fond. J’ai ramassé ma pile difforme de vieilles boîtes, et je suis remonté en haut.

… À suivre!

(Ah oui, aujourd’hui, c’est le 35e anniversaire de mariage de mes parents… Bon anniversaire maman et papa!)

Une rencontre inopportune avec Antonin Octavius

Si vous suivez mon blogue depuis un moment, vous connaissez peut-être ma bande dessinée Gontrand le Chevalier… Mais étiez-vous au courant de l’existence du journal Le Temps du Royaume, lu par les habitants du Royaume dans lequel vit Gontrand?

Voici un exemple des articles que vous pouvez découvrir sur le site du journal…

Le Temps du Royaume

J’ai, comme tout le monde, souvent entendu parler du grand barde Antonin Octavius. Cependant, n’ayant pas vraiment d’intérêt pour les ballades poétiques, je n’aurais jamais pensé le voir ou l’entendre un jour.

Après notre rencontre avec les habitants du champ de pommes de terre, qui nous avaient offert un cadeau délicieux et nutritif, nous avons poursuivi notre voyage.

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Une démarche qui se démarque

Hier, lors d’une petite discussion avec mon amie Marilyn, on a remarqué que toutes les deux, quand on peint une toile, on le fait sans nécessairement chercher à donner du sens à ce qu’on fait… On peint quelque chose parce qu’on trouve ça beau, parce qu’on veut représenter une image qu’on voit dans notre tête, sans se poser des milliers de questions.

Quand un artiste veut s’inscrire pour recevoir une bourse, ou pour participer à une exposition ou à un autre événement culturel, on lui demande de produire un dossier pour décrire sa démarche artistique… Sa démarche artistique? J’avoue que quand je vois cette question-là, j’abandonne tout de suite.

Peut-être que c’est simplement moi qui comprend mal la question… Peut-être que si on me demandait juste quelque chose comme «Dis-nous, pourquoi tu fais de l’art?» ou «Qui es-tu en tant qu’artiste?», je serais plus inspirée… Mais «Décris-nous ta démarche artistique.», pour moi, ça ne veut rien dire.

Ou plutôt, ça me donne l’impression que chaque toile, chaque dessin, chaque petite parcelle d’art produite par un artiste devrait absolument avoir un but précis: tenter de dénoncer quelque chose, mettre en valeur des matériaux recyclés, essayer de sauver le monde… comment, et pourquoi, en 1000 mots, à double interligne.

Est-ce que je ne peux pas créer quelque chose juste parce que je trouve ça beau? Parce que je trouve ça cool? Parce que j’aimerais accrocher dans ma salle de bain une toile qui fitte avec mon nouveau rideau de douche? Est-ce que mon art n’est pas de l’art, juste parce que je n’ai pas de cause plus noble que d’avoir envie, et besoin, de créer, et de vouloir le faire à ma manière?

Peut-être que ma démarche artistique à moi, c’est de me dire que de devoir décrire sa démarche artistique de manière précise et professionnelle, ce n’est pas pour moi.

Peut-être que ma démarche artistique à moi, c’est mon blogue.

Au moins, on ne m’a jamais demandé de décrire ma démarche artistique pour mes livres… Mais là, ce n’est pas pareil, non? Bien sûr, il y a des thèmes dans mes histoires, il y a des messages, des réflexions… Mais ça reste que mes histoires sont des histoires.

On peut me demander «Bon, de quoi ça parle, ton livre?», mais on ne me demandera pas d’expliquer ma démarche et mes motivations… Genre, lis le livre, et si tu en retires quelque chose, s’il te fait réfléchir sur quelque chose, tant mieux, sinon, tant pis, et j’espère que tu auras au moins apprécié l’histoire sans trop te questionner.

Je n’ai pas à expliquer ou à justifier les histoires que j’écrit, tout est là, et la personne qui les lit peut les interpréter comme elle veut. Je pense que c’est la même chose avec mon art, mes toiles et mes dessins.

Je pense que c’est pour ça que même si je peignais des centaines de toiles au cours de ma vie, elles ne seraient jamais exposées dans une galerie d’art.

Je pense que ça ne me dérange pas vraiment.

Bonjour. J’aime bien peindre. Voici ma démarche artistique.

Mon Mini Livre Gratuit est prêt!

Après plusieurs mois de travail, j’ai enfin terminé mon Mini Livre Gratuit! Hourra!

(Cette fois, c’est pour de vrai, pas comme le blogue que j’ai posté le 1er Avril…)

Vous pouvez enfin télécharger gratuitement ce petit recueil numérique qui contient les suites de mes histoires «La maison sanglante» et «Opération Corrida», en plus de quelques autres histoires et extraits d’histoires!

Voici la page couverture de mon livre:

Téléchargez-le au http://www.myriamplante.com/mlg.htm

N’hésitez pas à le partager avec d’autres gens! Le but de ce Mini Livre Gratuit est d’offrir quelques nouvelles histoires à mes fidèles lecteurs, mais aussi, d’essayer de rejoindre de nouveaux lecteurs en leur montrant des exemples de ce que je peux faire!

Quand vous aurez fini de le lire, vous pouvez commenter ce blogue pour me dire quelle histoire vous avez préféré, et ce que vous pensez de mon Mini Livre Gratuit!