Pourquoi ce personnage a-t-il changé de nom?

Dans mon nouveau guide de conseils pour les gens qui aimeraient écrire un livre, intitulé Comment écrire un livre selon Myriam Plante, j’explique que c’est important de créer des personnages cohérents, qui ne changent pas de nom ou de personnalité à chaque chapitre de leur histoire.

Mais moi, j’ai créé un personnage qui change de nom d’un livre à l’autre.

En haut: mon roman en cours d’écriture. En bas: le 4e livre de ma Mini Collection.

Dans le 4e livre de ma Mini Collection, le personnage principal se nomme Beanedich. Je vous ai déjà partagé un extrait de son histoire dans mon blogue: Beanedich et les loups.

Dans le roman que je suis en train d’écrire, et qui est lié aux 6 premiers livres de ma Mini Collection, il y a un personnage qui s’appelle Benedict.

C’est le même personnage. Alors pourquoi son nom est-il différent?

Je suppose que c’est une question que personne ne se pose, pour le moment. Mais peut-être que quand mon roman sera publié, quelqu’un va le lire, et ensuite lire le mini livre, et s’interroger.

En fait, j’aimerais beaucoup que ça arrive! Ce projet-là, pour moi, c’est un peu comme un casse-tête: une série de livres à placer en ordre, des histoires reliées entre elles… Et un casse-tête, c’est toujours plus agréable quand quelqu’un essaie de le résoudre!

Donc, pourquoi est-ce que mon personnage change de nom? Dans l’introduction du mini livre Beanedich, en fait, ça a été mentionné. J’y ai écrit que le nom de Beanedich sera éventuellement simplifié lors de ses prochaines aventures, mais aussi, que dans ces aventures, il «perdrait ses repères, et même son nom».

Donc, ce n’est pas une erreur d’inattention de ma part, ou une (très grosse) erreur de frappe, ou même un simple changement d’idée.

Beanedich vient de Lvistuanie, un pays nordique très éloigné. Quand il quitte son île natale pour partir à l’aventure, il se sent comme un étranger, peu importe où il va. Quand quelqu’un lui demande son nom, et qu’il répond avec son accent inhabituel, personne ne comprend… Les gens prennent donc pour acquis que son nom est Benedict.

Et lui, au lieu de protester et d’essayer de leur expliquer la bonne prononciation de son nom, il accepte de se faire appeler comme ça.

Malgré tout, il ne va jamais tout à fait accepter ce nom que les gens lui ont donné. Dans le roman que je suis en train d’écrire, quand le personnage de Marianne lui demande son nom, il répond «Ils m’appellent Benedict» d’un air un peu contrarié.

Donc, son changement de nom d’un livre à l’autre est tout à fait volontaire. Et selon moi, c’est un petit détail qui en révèle beaucoup sur son caractère. Vous allez peut-être comprendre en apprenant à mieux le connaître, dans le futur…

Pour l’instant, voici un petit extrait de mon roman en cours:

« Les marins, enfin, se désintéressèrent de lui et s’éloignèrent. Mais au moment où Jimmy se dit qu’il allait enfin avoir la paix, un autre homme s’approcha d’un air hésitant. Il s’agissait de celui qui était descendu chercher Elphéas dans la chaloupe pour le déposer sur le pont du navire. Il était grand, vraiment très grand, et il portait un manteau de laine grise qui touchait presque le sol, et qui devait contribuer à lui donner l’air encore plus imposant. Ses yeux rappelèrent à Jimmy ceux d’un chat… ou plutôt ceux d’un loup; avec son manteau gris et ses étranges yeux dorés, il ressemblait à un grand loup gris qui aurait pris forme humaine, et qui serait très malheureux de son sort.

Il s’arrêta devant Jimmy et le fixa d’un air triste, un peu timide. Par politesse, le jeune garçon s’empêcha de pousser un soupir d’impatience. Il avait envie qu’on le laisse tranquille, mais il attendit que l’homme au manteau gris s’exprime.

– Tu as encore quelque chose à lui dire, n’est-ce pas?

L’accent bizarre du marin attira l’attention de Jimmy, mais la question qu’il lui posait le prit au dépourvu. Il ne voyait rien d’autre que de la tristesse au fond des yeux dorés braqués sur lui, mais il eut l’impression désagréable que ceux-ci arrivaient facilement à scruter chacune de ses pensées.

– Je suis sûr que oui, reprit l’homme devant son silence.

Il marqua une courte pause avant d’expliquer, d’une voix chargée de douceur et de douleur :

– La dernière chose que j’ai dite à mon père, c’était que je le détestais. Je ne l’ai jamais revu. Quand j’en ai eu l’occasion, j’ai appris que ma mère et lui s’étaient noyés en allant à la pêche.

Jimmy pinça les lèvres et sentit sa poitrine se serrer. Une larme se forma lentement au coin d’un de ses yeux.

– Je ne me rappelle pas qui, ajouta l’homme, mais quelqu’un m’a dit un jour que quand une personne qu’on aime meurt, notre relation avec elle n’est pas terminée, si on ne le veut pas. Je crois que si tu as quelque chose à lui dire, il n’est pas trop tard. Tu peux encore lui parler… et deviner exactement ce qu’il te répondrait.

Bien malgré lui, Jimmy fondit en larmes. Marianne resserra son étreinte.

– Je suis désolé, dit l’homme d’un air coupable en reculant d’un pas. Vraiment, je n’aurais pas dû…

– Savez-vous où est Marguerite? demanda subitement Marianne d’un ton inquiet.

L’homme aux yeux dorés, qui avait commencé à s’éloigner, tourna lentement la tête vers elle.

– Elle est avec Anders, dit-il.

À travers ses larmes, Jimmy vit Marguerite un peu plus loin, accroupie près de l’homme aux cheveux noirs bouclés, celui qui lui avait donné son aiguille. Celui-ci était en train de lui montrer une sorte de grosse brosse qui semblait servir à nettoyer le plancher.

Lorsque le jeune garçon se retourna, le marin aux yeux de loup avait disparu. »

Beanedich et les loups

Ce mois-ci, en plus de très bientôt publier mon guide Comment écrire un livre selon Myriam Plante, je vous rappelle l’existence de Beanedich, le quatrième petit livre de ma Mini Collection.

Beanedich est un personnage auquel je suis particulièrement attachée, ce qui ne l’empêchera hélas pas de faire pitié dans le roman que je suis en train d’écrire.

Ce petit loup, qui est né dans un oeuf Kinder, est habituellement placé sur mon bureau d’écrire. Il espionne donc tout ce que j’écris… Il a décidé de partir à l’aventure, et le voilà qui contemple une énorme empreinte.

Voici un petit extrait de son mini livre:

« Ils marchèrent ainsi en silence pendant un moment avant de s’arrêter. Ils échangèrent alors un regard, ce qui leur confirma qu’ils avaient tous les deux l’impression d’être épiés. Leevia fut la première à se retourner, croyant qu’il s’agissait peut-être simplement de Neegan qui les suivait de loin. Comme elle ne disait toujours rien, Beanedich se retourna à son tour.

Un loup énorme s’avançait vers eux, les oreilles dressées, la queue basse. Ses yeux dorés brillaient faiblement dans la pénombre, et il marchait sans faire aucun bruit, presque comme s’il flottait sur la neige.

Paniqué, Beanedich saisit le bras de Leevia, qui était figée par la peur, et l’incita à se retourner pour fuir, mais au même moment, deux autres loups émergèrent de la dense forêt de conifères qui bordait le chemin. Les trois bêtes les encerclèrent en montrant leurs crocs, et Beanedich comprit aussitôt qu’il leur était inutile d’essayer de s’enfuir : ils ne pouvaient tout simplement pas courir plus vite que des loups en chasse. Il n’avait rien pour se défendre, rien d’autre que son violon et son archet, mais jamais il n’aurait osé essayer de se servir de son instrument comme d’une arme, pas même pour tenter de sauver sa vie.

Les loups se mirent à grogner, et Leevia sortit aussitôt de sa torpeur et se mit à crier pour appeler à l’aide. Beanedich songea avec amertume que si par miracle quelqu’un entendait ses cris, personne ne pourrait arriver à temps pour les sauver.

Pourtant, les prédateurs n’étaient pas pressés. Ils se contentaient d’approcher lentement, menaçants, alertes et attentifs, comme s’ils souhaitaient commencer leur repas en se délectant de la peur et de l’impuissance de leurs proies. Beanedich laissa tomber son violon et son archet dans la neige et entoura Leevia de ses bras avec l’espoir insensé d’arriver à la protéger. Il n’aurait jamais osé détruire son instrument en l’utilisant pour frapper les loups affamés, mais à cet instant, il se sentait prêt à se sacrifier pour que Leevia ait la vie sauve. »

Fabriquer de la neige en été

Mais pourquoi donc voudrais-je fabriquer de la neige en plein mois de Juillet?

Précisément parce qu’il n’y en a pas dehors, et que j’en avais besoin. Pourquoi? Pour une petite séance de photos.

Si vous suivez un peu ce qui se passe du côté de ma Mini Collection, vous savez que mon prochain petit livre, «Beanedich», sort officiellement le mois prochain. Cette histoire se déroule en Lvistuanie, une île sur laquelle la neige ne fond jamais…

C’est peut-être un choix un peu étrange de sortir ce livre au mois d’Août, au lieu de le sortir en hiver. Mais en même temps, lire une histoire qui se déroule dans un hiver perpétuel pendant qu’il fait chaud dehors, c’est rafraîchissant… non?

Et puis, pour des raisons qui vous paraîtront peut-être évidentes si vous lisez les 6 premiers livres de la collection, je ne pouvais pas sortir «Beanedich» après «Vincent» et «Jimmy et Marguerite». Il fallait qu’il soit publié avant eux. Donc, en Août, vu que je vous offre un nouveau petit livre à tous les deux mois.

Pour prendre une photo de mon livre, donc, j’avais besoin d’un peu de neige… Pour en fabriquer, rien de plus simple: quelques glaçons broyés, et voilà une belle poignée de neige!

Cet article de blogue n’est pas commandité par le Magic Bullet.

Quand j’ai publié le premier petit livre de ma collection, au mois de Février, je l’ai juste pris en photo devant un fond très simple (mon plancher)… Pour mon deuxième livre, j’ai eu l’idée de créer un petit décor en rapport avec son histoire. Je l’ai fait aussi pour mon troisième livre, et j’ai beaucoup aimé le résultat!

Tellement, que je pense que je vais éventuellement ajouter ces photos sur mon site internet… Elles le méritent bien!

Voici un petit aperçu de ma séance de photos… Bon, ma neige ressemblait plus à de la slush à moitié fondue, mais ça fonctionnait bien avec mon concept!

J’ai utilisé mes restes de glaçons à moitié broyés pour me faire un thé glacé très glacé… Vous verrez la photo finale très bientôt!