Le gouvernail

De tous les livres que j’ai écrits jusqu’à maintenant, La quête de Marianne est mon préféré. Et d’une certaine manière, je pense que j’étais prédestinée à écrire ce roman…

Dans mon adolescence, je lisais beaucoup de livres dont vous êtes le héros, et j’ai découvert Le Seigneur des Anneaux.

Le premier vrai projet de livre que j’ai commencé, et sur lequel je travaille encore des millions d’années plus tard, a été un roman dont vous êtes le héros. Et mon premier roman publié avait un dragon pour narrateur.

Mais avant… bien avant d’aimer le médiéval et le fantastique, j’écoutais du Soldat Louis. Leur premier album, dont mes parents avaient acheté la cassette que je possède encore, est sorti en 1988. J’avais donc 3 ans quand j’ai commencé à écouter de la musique qui parlait de rhum, de femmes, de navires, de ports, de tavernes, de bordels, et d’aventures de marins.

Bien sûr, je ne comprenais pas toutes les paroles à cette époque… Mais j’aimais la musique, et j’aimais le style. Je l’aime encore.

Et puis, j’ai toujours aimé être sur un bateau, être sur l’eau. Je suis pas mal sûre que je portais encore des couches les premières fois que mon père m’a emmenée à son camp de pêche. Je pouvais rester assise dans la chaloupe pendant des heures, ma canne à pêche dans les mains, à regarder l’eau et la forêt, et à juste être heureuse. Je n’avais jamais envie de descendre du bateau et de faire autre chose.

Des années plus tard, en 2003, je suis tombée en amour avec les films des Pirates des Caraïbes, et c’est probablement à partir de ce moment-là que j’ai commencé à me prendre en photo avec tous les gouvernails que j’ai pu trouver.

Cette photo date de 2005. Je crois qu’elle a été prise au Musée maritime du Québec – Capitaine J.E. Bernier, à l’Islet.

Oui oui, se prendre en photo avec des gouvernails, c’est un passe-temps comme un autre! Je suis sûre que j’ai plein d’autres photos, cachées quelque part dans des fichiers enregistrés dans les recoins les plus obscurs… Il y a aussi celle-là:

Celle-là vient de quelque part en Nouvelle-Écosse, je crois. Le clin d’oeil est particulièrement évocateur. C’est un peu comme si je disais «Checkez-moi ben aller, un jour je vais tenir un gouvernail comme celui-là, mais dans un bateau qui navigue sur l’eau pour vrai!».

Ma meilleure photo de gouvernail, c’est incontestablement celle-ci, prise lors de mon périple à bord du Roter Sand, que j’avais effectué pour me préparer à écrire La quête de Marianne:

«Yes! Je vous l’avais bien dit!»

Donc, voilà, je pense que mon parcours de vie m’avait subtilement préparée à écrire La quête de Marianne… et à écrire aussi la grande aventure sans nom sur laquelle je travaille depuis déjà un petit bout de temps.

J’aime l’eau, j’aime la mer et les voiliers. Et ce qui m’intéresse dans le fait de raconter des aventures de marins, je pense que c’est surtout l’attrait des voyages et de la liberté. Le fait d’être chez soi partout, et nulle part en même temps. Apprendre à vivre en tant qu’équipage, aussi, confiné sur un navire au milieu de l’eau, devoir travailler ensemble et braver les dangers de la nature et les mystères qui peuvent se cacher sous la surface de l’océan…

On retrouve un peu de ça dans La quête de Marianne, mais c’est surtout dans l’aventure qui va se passer avant mon roman que ces thèmes-là devraient être présents.

Je ne ferai jamais le tour du monde sur un voilier… mais je peux faire vivre des personnages qui eux, le font. Ça coûte moins cher, c’est moins dangereux, et c’est plus relax! 😉

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Parée à l’écoute de foc!

Au secours, j’ai attrapé une maladie en naviguant sur le Fleuve St-Laurent! Je crois que j’ai le scorbut.

Euh, non… C’est plutôt un genre de rhume pénible… J’ai le cerveau en compote, le nez qui coule, et on dirait que mon corps a l’impression que ça bouge tout autour de moi, comme si j’étais encore sur le bateau, ce qui est ridicule vu que je n’ai pas eu le mal de mer une seule seconde pendant qu’on naviguait, ni une fois de retour à terre. Je pense que je fais de la fièvre, mais je ne suis pas certaine, parce que je n’ai même pas de thermomètre chez nous.

Bref, je ne suis pas tout à fait en pleine forme, mais je dois tout de même me remettre au travail, et ça, ça implique d’essayer de vous faire un petit résumé de mon voyage, que je vous avais annoncé en Avril dans mon blogue intitulé Bientôt, je serai un matelot.

Je me suis embarquée sur le voilier-école Roter Sand, à Tadoussac, le 16 Juillet à 13h, et je suis débarquée au port de Québec le 18 Juillet, vers 16h30. Entre ces deux moments, j’ai marché, mangé, dormi, appris, et travaillé sur ce charmant voilier:

Le Roter Sand à Tadoussac, 1 jour avant mon grand départ.

Ça a été une belle expérience, même si on a pu faire de la voile seulement le 3e jour… Il n’y avait pas assez de vent, au début du voyage, pour contrer le courant du Fleuve, alors on a avancé grâce au moteur du voilier.

L’équipage du voilier était très sympathique, et les autres «passagers» aussi. On était 17 personnes, en tout! (Voici d’ailleurs un article qu’ÉcoMaris vient de partager sur Facebook, et qui présente la capitaine du Roter Sand: Rendez-vous 2017: des navigatrices qui défient les stéréotypes.)

Je vais essayer de vous faire un petit résumé de mes moments favoris du voyage… Il faut qu’il me reste de l’énergie pour travailler, après ça! Donc… Le premier jour, on a quitté le quai après avoir fait connaissance, et reçu quelques consignes. Ça n’a pas été long avant d’apercevoir un autre grand voilier à l’horizon, le Europa.

Le Europa!

On a aussi vu des baleines et des bélugas, mais je n’ai pas réussi à prendre de photos… En soirée, avant d’aller se coucher, on a observé des planktons, au microscope, mais l’image était projetée sur une toile… Je pense que je n’ai pas vu grand-chose, dans ma vie, de plus étrange qu’un paquet de planktons géants qui grouillent! Il y en a de toutes les formes, de tous les styles… C’est vraiment captivant.

Le lendemain, je me suis levée vers 5h… À temps pour voir le magnifique El Galeon sortir lentement de la brume! J’ai même tenu la barre du voilier pendant un moment, avec le El Galeon qui naviguait en parallèle avec nous…

Le voyez-vous? On dirait la silhouette d’un navire fantôme…

Cette journée-là, j’ai aidé à huiler une bonne partie du pont du Roter Sand, on a appris à faire quelques noeuds marins, et je me suis jointe à une petite chorale avant le dîner!

Plus tard, j’ai aidé à remplir le journal de bord et à tracer notre position sur une carte, on a appris plein de choses sur les feux de signalisation pour la navigation de nuit, et on a vogué jusqu’à Québec, pour s’ancrer dans la Baie de Beauport, vers minuit!

C’est rare que je prends des photos d’hélicoptère le matin… En fait, c’est jamais arrivé avant.

Le lendemain matin, on s’est fait espionner par un hélicoptère qui a tourné autour de nous pendant un moment… Après déjeuner, on a eu un petit cours très intéressant sur les types de gréements traditionnels!

Le temps était enfin venu de faire un peu de voile… On a monté les 4 voiles du Roter Sand, et on a zigzagué devant le Château Frontenac, en s’en allant vers le pont… Il y avait  plein de petits voiliers et de petits bateaux qui passaient près de nous, et nous prenaient en photo! Je n’avais malgré tout pas beaucoup de temps pour admirer le paysage, car j’étais postée à l’écoute de foc, sur bâbord, avec 2 autres personnes.

Mais qu’est-ce que c’est qu’une écoute de foc? Wtf?

Eh bien, à l’avant du Roter Sand (et de la grande majorité des voiliers, je dirais!) il y a 2 voiles triangulaires: le foc, et la trinquette. Le foc est la voile située le plus vers l’avant, et c’est en le faisant changer de bord qu’on peut faire virer le voilier… Il fallait donc soit que les matelots parés à l’écoute de foc tirent sur l’écoute (la corde) de la voile, ou la laissent aller, selon la direction dans laquelle il fallait faire virer le voilier. Fin du petit cours vulgarisé!

Ça, c’est la pointe avant du foc, qui est attachée au mât de Beaupré. Au loin, on voit quelques-uns des grands voiliers arrivés à Québec, pendant qu’on s’amusait avec les voiles!

Je me suis beaucoup amusée, j’ai appris plein de choses intéressantes, j’ai découvert notre beau Fleuve St-Laurent sous un autre angle, et j’ai pris plus d’une centaine de photos!

J’ai aussi trouvé un peu d’inspiration pour les histoires que je vais écrire, un jour…

Bientôt, je serai un matelot

Si vous suivez mon blogue depuis longtemps, ou que vous me connaissez un peu, vous savez peut-être que je suis fascinée par les grands voiliers. Vous savez peut-être aussi que j’ai l’intention d’écrire, un jour, une série d’histoires qui se passeront sur des navires de l’ancien temps, sur la mer, et dans un petit village côtier.

Mes blogues Vagues et Voiles, et Le robinet est ouvert en parlent un peu.

J’ai pris cette photo en Nouvelle-Écosse, à partir de la plage de Hunts Point

Comme j’aurai besoin, pour concrétiser mes idées, de faire des recherches sur les grands voiliers, la navigation, la vie des marins, et beaucoup d’autres choses, je me suis déjà demandé ce qui se passerait si moi, je faisais partie de l’équipage d’un de ces magnifiques navires!

Eh bien, cet été, un de mes rêves va devenir réalité…

Je savais que le Rendez-vous des grands voiliers aurait lieu cet été, et je cherchais de quelle manière je pourrais en profiter… J’ai trouvé la manière parfaite!

En Juillet, je vais faire partie de l’équipage du Roter Sand, un navire école géré par ÉcoMaris, pendant un petit voyage de Tadoussac à Québec! Je vais apprendre à naviguer à la voile et participer aux tâches d’entretien du bateau…

Je vais aussi prendre plein de notes, dans ma tête et dans un carnet!

Je ne réalise pas encore tout à fait que ça va se passer pour vrai… Mais je tenais à vous annoncer officiellement que je prends mon rôle d’auteure tellement au sérieux que je me suis engagée, au péril de ma vie, à passer 3 jours et 2 nuits sur un grand voilier, juste pour mieux pouvoir raconter une histoire de navires et de marins…

Ah oui, et aussi, parce que réaliser ses rêves, c’est important!