Le cycle, partie 2

Voici la deuxième partie de l’histoire Le cycle, qui complète la première partie que j’ai publiée dans mon blogue hier:

C’était un peu lourd, tous ces cossins-là, mais pas trop. Une fois en haut de l’escalier, j’ai échappé quelques boîtes vides par terre, mais je les ai bottées avec mon pied pour qu’elles atteignent la porte presque en même temps que moi. Je suis sorti de la maison et j’ai marché jusqu’au bord de la rue, où j’ai laissé tomber les maudites vieilles boîtes par terre.

Je suis resté planté là quelques secondes, peut-être quelques minutes, pour essayer de me calmer un peu. L’air était un peu froid, et j’avais l’impression de me sentir observé. Un peu comme si la maison me regardait…

J’avais beau chercher une explication à ce qui s’était passé, je n’en trouvais aucune. Qu’est-ce qui s’était passé dans la maison? Qu’est-ce qui s’était passé? Ce n’était pas mon imagination, j’avais vraiment entendu une voix. Est-ce que c’était une voix… de fantôme?

Je me suis retourné, et j’ai vraiment fait le saut en voyant qu’il y avait un vieil homme derrière moi. Il m’a souri, d’un genre de sourire gêné, comme pour s’excuser de m’avoir fait peur. Peut-être que ce n’était pas un fantôme.

– Bonsoir, m’a-t-il dit. Vous venez d’emménager?

J’ai hoché la tête.

– Oui. Vous êtes mon voisin?

– J’habite à côté, oui, a-t-il répondu en montrant sa maison. Est-ce que vous êtes seul?

Il ne me montrait bien sûr pas la maison vide que j’avais nettoyée par erreur, mais l’autre, de l’autre côté. J’ai encore hoché la tête.

– Non… Ma femme et mon fils vont venir me rejoindre demain.

– Vous avez un fils?

Il a dit ça en haussant les sourcils, avec une genre de lueur d’espoir bizarre dans les yeux. J’espérais que je n’avais pas affaire à un prédateur sexuel, ou quelque chose du genre.

J’ai hésité un peu, puis je lui ai répondu:

– Oui, un grand garçon… Et ma femme est enceinte, la famille va s’agrandir très bientôt.

Là, il a eu l’air soulagé, un peu comme s’il avait eu peur d’avoir une maladie grave, et qu’un docteur venait de lui dire que finalement, tout allait bien. Il a marmonné quelque chose, plus pour lui-même que pour moi. J’ai cru l’entendre dire que le cycle serait peut-être brisé, ou quelque chose comme ça.

– Qu’est-ce que vous dîtes? Le cycle? Le cycle de quoi?

Il a hoché la tête, comme pour essayer de me faire comprendre que ce n’était pas important, mais en sachant qu’il n’avait pas l’air très convaincant.

– Ça fait plusieurs années que la maison est en vente… Votre nouvelle maison, oui. Tous les couples qui l’ont déjà achetée n’avaient pas d’enfant, et… Enfin, ils ont déménagé, ils sont repartis rapidement. Très rapidement.

– Et? Qu’est-ce que vous voulez dire?

Il s’est retourné pour regarder sa maison à lui, un peu comme s’il se cherchait une excuse pour partir sans rien m’expliquer. Il a fallu que j’insiste pour qu’il finisse par ajouter quelque chose, en parlant à voix basse.

– Des choses se sont passées dans cette maison, vous comprenez… Ma fille… Ma fille y est déjà entrée, et elle a eu des problèmes. Toutes sortes de choses se sont passées…

Il a dû remarquer que ses confidences bizarres me faisaient peur. Il a changé de ton, et il a réussi à s’accrocher un sourire amical sur la bouche, même si ses yeux avaient encore l’air inquiet.

– Mais ce n’est pas important! Je suis sûr que tout va bien aller… Bienvenue dans le quartier, et bonne nuit!

Avant que j’aie le temps de lui répondre, il a tourné les talons et il s’est enfui. J’ai jeté un dernier coup d’œil sur la pile de vieilles boîtes que j’avais sortie de ma cave, puis je suis retourné chez moi.

J’ai refermé la porte de la cave, je me suis lavé les mains parce qu’elles étaient un peu poussiéreuses à cause des boîtes, puis je me suis recouché en me demandant de quoi mon nouveau voisin étrange parlait.

J’ai vraiment mal dormi. J’ai encore entendu la voix bizarre qui m’appelait, et plusieurs petits bruits louches que j’essayais d’ignorer. Je ne suis pas certain de croire aux fantômes, mais là, je me demandais sérieusement si je n’avais pas acheté une maison hantée. Il y avait une voix qui sortait de nulle part, il y avait des bruits, et il y avait quelque chose qui ne marchait pas, quelque chose qui n’était pas normal. Est-ce que ma famille pourrait être en danger dans cette maison? Est-ce que j’allais finir par devenir fou si j’y restais trop longtemps?

C’est aujourd’hui, donc, que j’emménage dans ma nouvelle maison. Ma femme m’a appelé, tout à l’heure, pendant que je déjeunais. Elle trouvait que je n’avais pas l’air très enthousiaste, mais je lui ai dit que tout allait bien. Qu’est-ce que j’aurais pu lui dire d’autre? Elle m’a dit qu’elle passerait chercher notre fils, puis qu’ils me rejoindraient ici pour continuer de défaire nos boîtes.

Je sursaute en entendant frapper à la porte. J’abandonne la boîte de livres que j’étais en train de vider, et je vais les accueillir. Mon grand garçon est content de me voir. Il me saute dans les bras, mais il me demande où est passé le grand camion. Je lui explique que le camion est retourné chez lui, mais je ne lui dis pas, bien sûr, que j’ai un peu peur de devoir le rappeler bientôt pour qu’il vienne nous emporter loin de cette maison, loin de cette maudite maison. Je le serre fort dans mes bras. Il me sourit, et il y a quelque chose de spécial dans son regard, comme s’il s’inquiétait pour moi. Je me force pour lui sourire aussi, puis je le repose par terre. Plutôt que d’aller explorer la maison, il reste près de moi.

– Est-ce que ça va? me demande ma femme. T’as l’air bizarre à matin…

Je hoche la tête. Elle me dévisage avec ses beaux grands yeux bruns. Dans la lumière du matin, les traits un peu fatigués, sans maquillage, je la trouve tellement belle! J’ai l’impression que je suis en train de me réveiller après un cauchemar vraiment étrange, et de comprendre, petit à petit, que ce qui m’est arrivé n’était pas réel, et que tout va bien.

– Non, ça va… J’ai juste très mal dormi… J’ai fait un mauvais rêve, je pense. Oui, c’est ça… juste un mauvais rêve!

Elle hausse les sourcils, puis me sourit. Je sais pourtant que ce n’était pas un rêve. Je ne suis pas fou; j’ai vraiment entendu une voix qui disait mon nom, et notre nouveau voisin m’a vraiment raconté des drôles de choses. Ce n’était pas un rêve, mais je sens quand même que c’est terminé.

Je m’approche d’elle, je la prends dans mes bras, je la prends par surprise en même temps. Je lui dis que je l’aime, je la serre fort. Elle répond qu’elle m’aime aussi. Notre grand garçon veut se joindre à notre câlin, je le reprends dans mes bras, on se serre fort, tous les trois, et on se dit qu’on s’aime en ricanant. C’est beau, réconfortant et émouvant, comme le genre de films plates que ma femme aime, parce qu’ils la font pleurer.

Quand notre moment émotif est fini, on se lâche, mais en restant proches. Ensemble, on se met au travail. Il nous reste encore beaucoup à faire pour nous installer chez nous, mais on va y arriver. On est beaux, on est bons, on est capables!

La journée se passe dans la bonne humeur. Je n’entends plus la voix bizarre, et surtout, surtout, je sens qu’il n’y a plus rien de bizarre. Peu importe ce qui ne marchait pas avec notre maison, je pense que c’est fini, maintenant. C’est réparé. Il n’y a plus rien d’étrange, plus rien de menaçant.

C’est simplement notre maison, notre nouvelle maison à tous les trois; bientôt, ce sera notre nouvelle maison à tous les quatre. Je pense que je ne comprendrai jamais ce qui s’est passé, mais j’ai l’impression, comme me l’a dit mon nouveau voisin, que tout va bien aller pour nous.

-Fin-

Advertisements

Le cycle, partie 1

Ma mère Michelle Bouchard a été la première personne à relever le défi qui se trouve à la fin de mon Mini Livre Gratuit! Elle a donc pu me donner une phrase de son choix, pour que j’écrive pour elle une petite histoire, dans le style de son choix.

Comme ma mère adore l’histoire La maison sanglante, elle a voulu que j’écrive une nouvelle suite à cette histoire…

En fait, c’est un peu plus compliqué que ça! On pourrait dire que c’est la fin du cycle de l’histoire de la maison sanglante… Pour lire le tout dans l’ordre, vous pouvez lire:

  1. La maison sanglante, dans mon blogue ou dans mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires
  2. Hémorragie, dans mon Mini Livre Gratuit
  3. Méchant ménage, dans mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires

Et enfin, Le cycle. Comme l’histoire fait 5 pages, j’en publie la première partie ici, et la deuxième partie sera publiée demain!

Sans plus tarder, voici donc…

Le cycle

Après avoir fait accidentellement le ménage chez mon voisin, c’est aujourd’hui que j’emménage dans ma nouvelle maison. En fait, c’est un peu plus compliqué que ça.

Quand j’ai expliqué la situation à mon frère et à Keven et Marc, mes deux meilleurs chums, ils ont ri de moi sur le coup, comme je m’y attendais. Puis, ils ont réalisé que ça voulait dire qu’on avait travaillé pour rien toute la journée, et que ma nouvelle maison, ma vraie nouvelle maison, était encore sale. Là, c’était un peu moins drôle.

On a déménagé notre stock dans la maison d’à côté, et on a à peine eu le temps de commencer à manger nos pizzas avant de voir le camion des déménageurs arriver. Ma femme les suivait avec sa voiture, mais notre grand garçon de 4 ans était monté avec eux dans le camion. Je suis sorti à l’extérieur pour les accueillir.

Il a fallu que j’explique mon erreur à tout le monde. Les déménageurs avaient l’air grognon, comme si ça les concernait… Ce n’était pourtant pas leur problème que je me sois trompé, et que notre nouvelle maison soit pleine de poussière! Je leur ai assuré que ça ne changeait rien, et qu’ils n’avaient qu’à faire leur travail comme prévu. Ils ont commencé à décharger le camion, et même s’ils ne grognaient plus, je ne les ai pas trouvés très professionnels.

Mais ma femme… Je m’attendais soit à ce qu’elle soit fâchée, soit à ce qu’elle rie de moi. En tout cas, j’étais certain qu’elle allait me traiter de cave. Mais non… Elle avait l’air plus surprise que fâchée. Puis, quand je l’ai vue fixer la maison, le teint blême, en posant une main sur son ventre, j’ai commencé à m’inquiéter. Je me suis rappelé ce que le docteur avait dit: que le moindre effort, le moindre choc ou la moindre surprise pouvait être dangereux pour le bébé. Je lui ai dit que ce n’était pas grave, que mon frère et mes chums allaient m’aider à nettoyer notre vraie maison, et qu’elle n’avait pas à s’inquiéter de rien. Je lui ai aussi dit que j’appellerais mon boss pour lui dire que je n’avais pas le choix de prendre une autre journée de congé demain. Surtout, je lui ai suggéré d’aller se reposer dans une chambre d’hôtel; j’avais vu qu’il y en avait un pas très loin de notre nouveau quartier, et je me suis dit que ça serait mieux pour elle que de passer la nuit dans une maison sale et en désordre. Elle a fini par accepter. Je lui ai fait promettre de m’appeler si quelque chose n’allait pas, je l’ai embrassée, elle a embrassé notre grand garçon, puis elle est partie.

J’ai regardé son auto s’éloigner, puis je suis allé aider les autres à décharger le camion. On a décidé de rassembler les meubles et les boîtes au milieu des pièces, surtout au milieu du salon. Comme ça, ça nous laisserait le champ libre pour faire le ménage; et surtout, je ne savais pas trop comment placer tous nos meubles, et je sentais que les déménageurs avaient hâte de nous quitter, alors j’ai décidé de réfléchir à l’aménagement de la maison un peu plus tard.

Pendant ce temps-là, mon grand garçon était tranquille. Il est resté dehors parce qu’il était vraiment fasciné par le camion de déménagement. Marc lui a demandé s’il avait envie de devenir un déménageur plus tard, et il a répondu que non, qu’il avait juste envie d’avoir un gros camion. Moi, je lui ai dit que c’était important de croire en ses rêves!

Vers 5h, mon frère est venu me dire qu’il fallait qu’il parte chercher son fils à la garderie. Il était désolé de ne pas pouvoir nous aider plus longtemps, mais il m’a proposé d’amener mon grand garçon avec lui et de s’occuper de lui jusqu’à demain.

Quand les déménageurs ont fini par partir eux aussi, je me suis retrouvé tout seul avec Keven et Marc, dans une maison remplie de meubles, de boîtes, de poussière et de saleté. Au moins, on avait encore de la bière et de la pizza! On s’est tous entendus pour dire que la pizza froide, c’était encore meilleur que la pizza chaude, alors on a mangé et on a bu en masse, pour se donner des forces et du courage.

Je vous épargne la description de tout ce qu’on a fait du reste de notre journée. On a eu beaucoup, beaucoup d’époussetage à faire, mais au moins, notre stock de nettoyage était déjà sorti et prêt à être utilisé. Il a juste fallu que je fouille dans quelques grosses boîtes pour trouver mon aspirateur. On a aussi installé les électroménagers et le lit.

Finalement, en fin de soirée, les gars sont partis, épuisés de leur journée, mais bien contents d’avoir pu me donner un coup de main, deux fois plutôt qu’une. Je les ai remerciés en leur disant que je leur en devais une, et même, deux. Keven m’a proposé de revenir m’aider à finir de placer mes meubles le lendemain, en après-midi, et je lui ai dit qu’il était le bienvenu. Plus on est de fous, plus on s’amuse, le gros! Les meilleurs chums, ça sert à ça, n’est-ce pas?

Une fois seul dans mon salon, j’ai appelé ma femme pour prendre de ses nouvelles. Elle m’a dit qu’elle allait bien, et elle m’a demandé comment ça s’était passé. Je lui ai répondu que ça avançait bien, et que mon frère s’occupait de notre grand garçon jusqu’à demain. Elle a proposé d’aller le prendre demain matin, en revenant ici. On s’est souhaité bonne nuit, puis, j’ai raccroché.

Là, je sais pas trop ce qui s’est passé. J’ai commencé à me sentir bizarre. Pas comme s’il y avait eu quelque chose de passé date sur nos pizzas, non… C’était plus bizarre que ça. On dirait que je me sentais observé, ou juste qu’il y avait quelque chose qui ne marchait pas avec la maison. Oui, c’était ça; il y avait quelque chose qui ne marchait pas avec la maison. Quelque chose de différent de quand je l’avais visitée pour la première fois avec ma femme. Quelque chose qui n’était pas là quand j’étais avec les déménageurs et avec mes chums, mais quelque chose qui était là, maintenant. Je sais pas trop comment expliquer ça, mais bref, je me sentais bizarre.

J’ai continué à défaire des boîtes, en me parlant tout seul… comme si ça allait m’aider à me sentir plus normal! Je devais plutôt avoir l’air pas mal niaiseux. J’ai fait le lit pour pouvoir me coucher et être confortable, et ensuite j’ai sorti ce qu’il me fallait et j’ai pris une douche.

Une fois propre, je me suis couché, mais dès que ma tête a touché mon oreiller, j’ai eu l’impression d’entendre quelque chose. Une voix. Quelqu’un avait parlé. J’ai retenu ma respiration, et j’ai entendu la voix une deuxième fois. Elle venait du salon. Je me suis assis dans mon lit, et j’ai demandé s’il y avait quelqu’un; oui, comme ils font toujours dans les films d’horreur, et chaque fois, je me dis que c’est niaiseux, mais là, je l’ai fait moi-même. «Est-ce qu’il y a quelqu’un?» C’est clair que si c’est un fantôme, un monstre, ou quelqu’un de dangereux, il ne va pas répondre.

La voix a répondu. Elle a juste dit mon nom, je l’ai entendu très clairement. Je me suis presque jeté en bas de mon lit, et je me suis précipité dans le salon, sans réfléchir.

Les meubles du salon étaient placés n’importe comment, avec des piles de boîtes au milieu de la pièce. Si quelqu’un avait été caché là, j’aurais eu de la misère à le trouver. Mais il n’y avait personne, j’ai vérifié; et pendant que je faisais le tour de la pièce en me cognant les orteils sur quelques boîtes au passage, la maudite voix bizarre continuait de dire mon nom. Je n’ai pas osé ouvrir la lumière, je ne sais pas trop pourquoi. Il y avait de la lumière qui venait de la rue, et qui entrait par la grande fenêtre sans rideaux, mais il y avait surtout des ombres et des coins sombres, à cause des boîtes. Il y avait de la lumière, des ombres, moi qui pognais les nerfs, mais personne d’autre.

J’ai aussi fait le tour de la cuisine, puis de toutes les pièces. J’ai regardé par les fenêtres, puis dans les armoires de la cuisine, dans les garde-robes, dans le bain… J’ai même regardé sous mon lit! Il n’y avait personne, juste une voix, comme une voix de fantôme qui m’appelait.

Là, je vous mentirais si je vous disais que je n’avais pas peur. Bien sûr que j’avais peur. Je n’ai pas pensé une seule seconde que c’était peut-être un de mes chums qui m’avait fait un tour. Il y avait quelque chose qui ne marchait pas, qui ne marchait vraiment pas. Je le sentais.

Si j’avais eu des bouchons pour les oreilles, peut-être que je les aurais mis et que j’aurais essayé de dormir… Peut-être. Mais je n’avais pas de bouchons, j’étais fatigué de ma journée, et même si j’avais peur, j’ai eu l’idée de descendre dans la cave de la maison. Il n’y avait personne à l’étage, mais peut-être dans la cave?

J’ai allumé la lumière de la cave, et je suis descendu, en disant à voix haute que si quelqu’un était caché là, il avait intérêt à se taire et à sortir de ma maison au plus vite. Et c’est là que je les ai vues: les boîtes. Je les avais vues quand on avait visité la maison pour la première fois, et je me demandais, plus tôt aujourd’hui, quand j’étais dans la cave de la maison voisine, pourquoi elles n’étaient pas là. Les maudites boîtes…

La voix continuait à m’appeler, elle parlait encore plus fort que quand j’étais dans le salon, mais je me suis mis à crier pour essayer de l’enterrer. Je lui ai crié de se la fermer, et entre deux «Ta gueule!» je chialais que j’étais tanné de faire du ménage, et que j’allais sacrer toutes ces boîtes-là dehors, et qu’après j’irais me coucher, et que rien n’allait m’en empêcher… Je pense que j’étais pas juste fâché, j’étais en train de virer fou. En plus, la cave puait vraiment, et ça n’aidait pas mon humeur.

J’ai donné des coups de pied dans les piles de boîtes, j’ai défait celles qui étaient vides, et je les ai empilées dans celles qui ne l’étaient pas, sans prendre la peine de regarder quelles cochonneries il y avait dans le fond. J’ai ramassé ma pile difforme de vieilles boîtes, et je suis remonté en haut.

… À suivre!

(Ah oui, aujourd’hui, c’est le 35e anniversaire de mariage de mes parents… Bon anniversaire maman et papa!)

Ourse Ardente et la création d’un livre

Voici mon premier blogue dans ma série de 4 blogues pour commencer l’année 2017 du bon pied!

Comme vous le savez peut-être, ça m’a pris environ 10 ans écrire mon premier roman, Le Parfum du Vent. Mais en 2016, j’ai écrit, révisé, illustré, conçu et publié un autre livre, et tout ça par mes propres moyens!

J'ai tendance à oublier, en regardant ce petit livre, qu'il a été créé en moins d'un an! Beaucoup de travail et de fierté.

J’ai tendance à oublier, en regardant ce petit livre, qu’il a été créé en moins d’un an! Beaucoup de travail et de fierté.

Le Parfum du Vent est important parce que c’était mon premier livre, mais Ourse Ardente et 15 autres histoires est aussi un livre important, pour plusieurs raisons. C’est le premier livre que j’ai publié par moi-même!

Au début, je voulais seulement faire un livre électronique… Mon idée était d’aider ma cousine à amasser des fonds pour la Société de recherche pour le cancer, en demandant aux gens de me donner une phrase de leur choix, et un peu d’argent pour sa levée de fonds. En échange, j’écrivais une histoire à partir de leur phrase, et je leur envoyais le livre électronique contenant toutes les histoires.

Puis, comme j’étais fière de mes histoires et de mon projet, je me suis dit que ça serait le fun de le développer un peu plus, et d’en faire un vrai livre. Même si j’ai adoré travailler avec Les carnets de Dame Plume pour la publication de mon premier roman, cette fois-ci, je voulais aller plus loin et découvrir ce qui se passait entre le moment où le livre est un fichier texte à l’ordinateur, et celui où il devient un vrai livre imprimé. Je voulais voir si moi, je pouvais être capable de créer un livre… si c’était compliqué, si j’allais aimer ça.

J’ai donc créé mon recueil d’histoires courtes avec le site Lulu… en suivant les instructions pour m’assurer que je faisais tout comme il faut. Ce n’était pas exactement facile, mais ce n’était pas compliqué non plus. J’ai bien aimé avoir le contrôle de cet aspect de la création de mon livre. Je pense qu’Ourse Ardente est un beau petit livre, et c’est grâce à moi!

Car oui, en plus d’écrire les histoires et de faire la mise en pages du livre, j’ai aussi peint une toile pour la page couverture, et j’ai fait une petite illustration pour chacune des 16 histoires du recueil. Je suis contente du résultat, et c’est certain que je veux continuer comme ça pour mes prochaines oeuvres.

Cette fois-ci, j'ai voulu procéder différemment en écrivant mes histoires directement à l'ordinateur... Mais j'ai bien sûr un cartable rempli de notes, de croquis et de dessins!

Cette fois-ci, j’ai voulu procéder différemment en écrivant mes histoires directement à l’ordinateur… Mais j’ai bien sûr un cartable rempli de notes, de croquis et de dessins!

Ce qui est cool aussi avec Lulu, c’est que le site me permet de vendre mon livre directement dans ma boutique Lulu, mais aussi sur Amazon et sur certains autres sites. Enfin, me permettrait de vendre mon livre… si quelqu’un voulait l’acheter! Je n’ai jamais vendu aucune copie sur ces sites-là*… C’est lucratif, la vie d’auteure inconnue!

Tellement lucratif, que pour un temps limité non défini, je me permets d’offrir Ourse Ardente gratuitement en version électronique. Profitez-en!

Ah oui... mais sachez qu'il n'y a pas d'illustrations dans la version électronique. Elles sont exclusives à la version imprimée!

Ah oui… mais sachez qu’il n’y a pas d’illustrations dans la version électronique. Elles sont exclusives à la version imprimée!

*Woah, attends un peu là! Par curiosité, je suis allée vérifier mes ventes sur Lulu… D’habitude, ça affiche toujours 0. Cette fois, Lulu m’indique que j’ai vendu 1 livre sur Amazon.com… une copie de ma BD Gontrand le Chevalier, vendue en «Région US»… et cette fabuleuse transaction inattendue me rapportera…. 11¢!

Je trouve ça fascinant, et vraiment très très drôle… Ça commence par 1! Bientôt, peut-être qu’Amazon me devra genre 55¢! :O

Et les histoires gagnantes sont…

En ce 30 novembre, le temps est venu d’annoncer quelles histoires ont remporté le plus de votes!

Comme je m’y attendais, les gens ne se sont pas garrochés en grand nombre pour voter, mais j’ai quand même reçu assez de votes, par courriel et dans mon blogue, pour couronner deux histoires gagnantes. Voyons voir…

2 personnes ont voté pour La maison sanglante, 2 personnes ont voté pour Opération Corrida, 1 personne a voté pour Splitch et le sorcier, 1 personne a voté pour Méchant ménage, et 1 personne a voté pour Le palais de Neena.

Et voilà, j'ai... couronné les histoires gagnantes.

Et voilà, j’ai… couronné les histoires gagnantes.

J’écrirai donc une suite pour La maison sanglante (oui, maman, je sais que tu pleures de joie!) et une pour Opération Corrida. Comme La maison sanglante et Méchant ménage sont des histoires reliées ensemble, la suite concernera probablement ces deux histoires. Ah pis coudonc, l’histoire Opération Corrida est aussi reliée à Taureau et la police, alors…

Ces 4 histoires, et les 2 suites que je commencerai à écrire bientôt, se retrouveront dans un petit livre numérique que tout le monde pourra télécharger gratuitement sur mon site internet et qui, je l’espère, donnera envie à au moins 1 ou 2 personnes qui n’ont jamais lu mes livres de les lire. On peut bien rêver!

Votez pour votre histoire préférée!

Avez-vous lu mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires?

Si oui, ce blogue devrait vous intéresser.

Si non… pourquoi pas? C’est un livre intéressant, les critiques sont unanimes sur ce point-là… Et quand on sait qu’il ne coûte que 1,36$ en version numérique sur Amazon.ca, c’est presque plus cher s’en passer que de l’acheter!

En tout cas… Si vous l’avez lu, je vous invite maintenant à voter pour votre histoire préférée du recueil, celle qui, selon vous, devrait avoir une suite!

J’ai proposé cette idée aux gens inscrits sur ma liste de diffusion, en leur demandant de voter pour une histoire… Comme j’ai reçu très peu de votes, je fais un nouveau petit sondage ici pour en avoir plus!

J’écrirai une suite pour les 2 histoires qui auront reçu le plus de votes, et j’en ferai un petit recueil en version numérique qui sera offert gratuitement sur mon site internet! Dans ce mini recueil, il y aura 4 histoires courtes: les 2 histoires gagnantes, et leur suite. Il y aura peut-être aussi quelques surprises, si je suis inspirée…

Jusqu'à maintenant, l'histoire "La maison sanglante" est la seule qui a reçu plus qu'un seul vote...

Jusqu’à maintenant, l’histoire « La maison sanglante » est la seule qui a reçu plus qu’un seul vote…

Parmi les votes envoyés par les gens inscrits sur ma liste de diffusion, 2 personnes ont voté pour l’histoire La maison sanglante, 1 personne a voté pour Opération Corrida, 1 personne a voté pour Splitch et le sorcier, 1 personne a voté pour Méchant ménage, et… et c’est tout.

Vous avez jusqu’au 30 novembre pour voter! Go! (S’il vous plaît!)

 

William et la lune, partie 2

Voici la deuxième partie de l’histoire William et la lune:

La voiture survolait une forêt immense, avec des grands arbres de toutes les couleurs: des oranges, des mauves, des roses et des jaunes. Ils ressemblaient presque à des fleurs. Le ciel était d’un beau bleu brillant, et rempli de gros nuages blancs qui ressemblaient à des boules de ouate.

William tendit une main pour toucher un des nuages. Comme il était doux! C’était comme un gros coussin moelleux et confortable… Mais William n’avait pas le temps de s’installer sur un nuage pour faire une sieste! Il avait une mission à remplir. Il devait retrouver la lune.

Selon Monsieur Boum, le méchant qui avait volé la lune l’avait amenée dans ce monde magique… Où l’avait-il cachée? Comment un petit garçon comme lui, qui voyageait avec son ours en peluche dans une voiture volante, pourrait-il la retrouver?

– Je crois que j’ai une idée, dit Monsieur Boum.

L’ours regarda William et lui sourit, sans lâcher le volant de la voiture.

– Regarde là-bas! continua-t-il. Cette vilaine montagne toute noire! Je crois que c’est le seul endroit qui soit assez gros pour cacher la lune.

Monsieur Boum avait raison. Au loin, il y avait une immense montagne, toute noire, entourée de gros nuages gris.

Mais tout à coup, de grosses chauves-souris noires se précipitèrent sur la voiture en poussant d’étranges cris. Les vilaines créatures essayaient de crever les pneus de la voiture volante. William eut très peur, mais heureusement, Monsieur Boum avait tout prévu.

– William! cria l’ours. Il faut que tu chasses ces créatures! Ouvre le coffre secret!

William ouvrit le coffre à gants de la voiture, qui se trouvait devant lui. Il y trouva plusieurs blocs colorés sur lesquels il y avait des dessins d’animaux et des lettres de l’alphabet.

– Prends ces blocs et lance-les sur les chauves-souris! lui demande Monsieur Boum. Ce sont des blocs magiques!

William prit un premier bloc, et le lança sur le nez d’une vilaine chauve-souris. Le bloc explosa en plusieurs étincelles rouges, et la vilaine chauve-souris s’enfuit en poussant des cris terrifiés. William lança un deuxième bloc, puis un troisième. Effrayées par les étincelles rouges, bleues et vertes, les créatures retournèrent d’où elles étaient venues.

Mais alors que William et Monsieur Boum croyaient qu’ils étaient sauvés, un bruit bizarre se fit entendre.

– Je crois que Zip a un problème! dit Monsieur Boum.

La belle voiture rouge se mit à tomber, et l’ours ne pouvait plus la contrôler. William cria, mais remarqua bien vite que la voiture se dirigeait vers un gros nuage blanc, qui amortit leur chute. Ils avaient de la chance!

Les deux amis sortirent de la voiture. William marchait sur un nuage! Même s’il était inquiet pour Zip, il était heureux de pouvoir marcher sur un nuage douillet pour la première fois de sa vie.

– Une des chauves-souris a crevé un des pneus de Zip, annonça Monsieur Boum d’un air rassuré. Ce n’est rien! Je vais réparer tout ça.

William regarda le pneu dégonflé, qui était tout mou. Monsieur Boum ouvrit le coffre arrière de la voiture, et en sortit quelques objets que William n’avait jamais vus. Le petit garçon regarda attentivement son ours pendant qu’il inséra, à l’aide d’un outil long et pointu, une sorte de bandelette collante à l’intérieur du trou percé par une des vilaines chauves-souris. Monsieur Boum retira l’outil pointu, puis coupa les extrémités de la bandelette. Le pneu n’était maintenant plus percé, mais il était encore tout mou. Monsieur Boum prit alors une pompe, et regonfla lentement le pneu jusqu’à ce qu’il retrouve son aspect normal. William était fasciné.

– Voilà! dit Monsieur Boum. C’est réparé! Nous pouvons repartir.

William et son ours remontèrent à bord de la voiture, qui s’envola de nouveau. Ils approchèrent bientôt de la haute montagne sombre. William remarqua qu’il y avait une sorte de grosse porte au pied de la montagne, et qu’une lueur blanche sortait par cette porte. C’était sûrement la lune qui essayait d’appeler au secours!

Monsieur Boum arrêta la voiture devant la porte de la montagne, puis se tourna vers William.

– Nous y sommes… Il est temps d’aller voir ce qui se passe dans cette montagne! Tu es prêt?

William hocha la tête. Les deux amis sortirent de la voiture, et s’avancèrent vers la mystérieuse porte. Ils entrèrent à l’intérieur d’une immense grotte. William leva les yeux, et vit que la lune était enfermée dans une grande cage qui était accrochée au plafond. Pauvre lune, seule dans une cage trop petite pour elle, comme les chats et les chiens au magasin d’animaux où William allait parfois avec ses parents! Il montra la cage à son ours.

– La lune! s’exclama Monsieur Boum. Nous l’avons trouvée! Il faut la sortir d’ici!

– C’est à vous de sortir d’ici! dit tout à coup une voix menaçante.

William et Monsieur Boum sursautèrent. Dans un coin tout sombre de la grotte, ils virent une silhouette qui les observait.

– Partez d’ici! dit la voix. Je ne veux voir personne!

– Qui êtes-vous? répliqua courageusement Monsieur Boum. Pourquoi avez-vous volé la lune?

– Partez d’ici! répéta la voix.

William avait peur, mais il ne pouvait pas abandonner la lune. Il s’approcha doucement de la silhouette qui se cachait dans l’ombre. Il découvrit bien vite que le méchant qui avait volé la lune était un crocodile en peluche, un très grand crocodile en peluche qui n’avait plus qu’un seul oeil. William remarqua que sa peau de tissu vert était déchirée à plusieurs endroits. Il se demanda ce qui lui était arrivé.

Le crocodile regarda William avec l’oeil qu’il lui restait. Même si sa voix était menaçante, le petit garçon trouvait que ce crocodile blessé avait l’air triste. Monsieur Boum s’approcha à son tour, et découvrit lui aussi qui était le voleur de lune.

– Oh! Mais qu’est-ce qui vous est arrivé? demanda l’ours. Et pourquoi avez-vous volé la lune? Ce n’est vraiment pas gentil!

– J’ai pris la lune pour qu’il n’y ait plus de monstres, dit le crocodile.

– Comment? Je ne comprends pas! dit Monsieur Boum.

Le crocodile regarda William d’un air tout triste, puis, il décida de raconter son histoire.

– Avant, j’étais le meilleur ami d’une petite fille appelée Nancy. Je veillais sur elle pendant la nuit, parce qu’elle avait peur qu’il y ait des monstres dans sa chambre. Un jour, la maman de Nancy a décidé qu’il était temps pour moi de prendre un bain… Mais au lieu de me laisser aller dans la baignoire, elle m’a déposé dans une grosse machine effrayante qui tournait en faisant beaucoup de bruit.

– Une machine à laver! commenta Monsieur Boum. C’est vrai que ces machines sont effrayantes.

– Quand je suis sorti, continua le crocodile, j’étais tout propre, mais j’avais perdu un oeil, et j’étais tout déchiré. Nancy ne m’aimait plus… Elle avait peur de moi, car elle croyait que j’étais devenu un vilain monstre! J’étais triste, et je me suis enfui de la maison. J’ai pris la lune pour pouvoir continuer à protéger Nancy contre les monstres… S’il n’y a plus de nuit, il n’y aura plus de monstres non plus!

William trouvait l’histoire du crocodile très triste, et il avait envie de faire quelque chose pour l’aider.

– Il ne fallait pas vous enfuir, dit Monsieur Boum. Je crois que j’ai une solution à votre problème! Je reviens tout de suite!

L’ingénieux Monsieur Boum se rendit jusqu’à la voiture, et revint avec une bobine de fil et une aiguille. L’ours raccommoda les déchirures du crocodile avec soin.

Quand il eut terminé, le crocodile était comme neuf! Mais il lui manquait toujours un oeil… William eut alors une idée. Il tira sur un des boutons de sa chemise, et le tendit à Monsieur Boum. L’ours le prit, et le cousit en place. Le crocodile avait maintenant deux yeux, et un grand sourire.

– Merci, oh merci! dit-il à William. Je n’ai plus l’air d’un monstre! Je peux maintenant retourner chez moi et aller jouer avec Nancy!

– Et vous pouvez libérer la lune, dit Monsieur Boum.

– Oui, bien sûr, dit le crocodile. Merci de votre aide!

William était heureux d’avoir pu aider le crocodile. Celui-ci décida de libérer la lune, et en échange, Monsieur Boum proposa de le reconduire chez lui grâce à la voiture volante.

William ouvrit tout à coup les yeux, et se retourna dans son lit douillet. Il était dans son lit! Avait-il rêvé toute cette aventure? Tout avait semblé si réel! Il se frotta les yeux, et regarda par la fenêtre. Le ciel était noir, et la lune ronde brillait. Le petit garçon avait hâte que le matin vienne pour pouvoir se lever, et jouer avec ses jouets.

William comprit alors que la nuit était aussi importante que le jour. Pendant la nuit, on peut faire des rêves fabuleux, mais surtout, on peut se reposer pour être prêt pour la journée suivante, et pour bien profiter de chaque instant.

Il salua la lune brillante d’un signe de la main, puis il referma les yeux et se rendormit.

Fin

Pour découvrir plusieurs autres histoires courtes, vous pouvez acheter mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires, en version livre imprimé ou en version numérique!

William et la lune, partie 1

Une des histoires que beaucoup des lecteurs et lectrices de mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires semblent apprécier particulièrement, c’est l’histoire appelée William et la lune.

Je n’ai pas l’habitude d’écrire des histoires pour enfants, mais c’est ce qui m’a été demandé pour cette histoire… Je crois que c’est bien réussi!

J’ai décidé de la partager avec vous, en 2 parties.

William et la lune

William est un petit garçon souriant et plein de vie, il aime beaucoup… Il aime beaucoup de choses. Il aime les belles voitures rouges, il aime confier des secrets à son ours en peluche, il aime jouer avec ses blocs, et il aime manger des bonbons. Mais ce qu’il aime par-dessus tout, c’est sa maman et son papa.

Par contre, William n’aime pas aller au lit. Ce n’est pas parce que son lit n’est pas confortable, au contraire. C’est un lit bien douillet, avec de belles couvertures douces qui le gardent bien au chaud. Ce n’est pas non plus parce qu’il n’aime pas dormir. Non, si William n’aime pas aller au lit, c’est parce que pendant la nuit, il ne peut pas s’amuser avec ses jouets, ni jouer avec ses amis, et il ne peut pas non plus faire des câlins à ses parents. Il a l’impression que la nuit, c’est une perte de temps!

Un beau jour, alors que William cherchait sa voiture rouge préférée dans son coffre à jouets, il entendit quelqu’un l’appeler:

– William! Hé, William!

William regarda tout autour de lui. Qui l’avait appelé? Ça ne ressemblait pas du tout à la voix de sa maman, ni à celle de son papa.

– William, hé! Regarde par ici… Ici, sous ton lit!

William se pencha pour regarder sous son lit, et il vit son ours en peluche qui lui faisait signe d’approcher.

– C’est moi, Monsieur Boum! Viens ici, William! J’ai besoin de ton aide!

William se demanda ce qui se passait. Monsieur Boum n’avait pas l’habitude de se cacher sous le lit! Il préférait s’asseoir sur la commode, ou encore, rester bien en vue au centre du tapis coloré, entouré par d’autres jouets. William, curieux, se faufila sous le lit pour aller rejoindre son ami.

Monsieur Boum avait l’air agité et inquiet. William remarqua bien vite que d’autres jouets se trouvaient là, sous son lit. Contrairement à l’ours en peluche, les autres étaient assis en cercle, comme s’ils venaient d’avoir une discussion sérieuse.

– William, une chose terrible s’est produite, dit Monsieur Boum. C’est terrible! Quelqu’un a volé la lune!

La lune? Monsieur Boum parlait-il de cette grosse boule ronde brillante qui habite dans le ciel, et qui a parfois la forme d’un demi-cercle ou d’une banane? William ne comprenait pas ce qu’il y avait de si terrible.

– La lune a disparu, William! continua Monsieur Boom. Ça veut dire que ce ne sera plus jamais la nuit!

William tapa dans ses mains, et son visage afficha un grand sourire. Si la nuit ne venait plus jamais, cela voulait dire qu’il n’aurait plus besoin d’aller se coucher. Il pourrait toujours continuer à s’amuser et à passer du temps avec ses parents!

– Tu ne comprends pas, William! dit Monsieur Boom d’un air ahuri. Si la nuit ne vient plus jamais, ça veut dire que le soleil ne pourra plus se reposer! Il devra rester dans le ciel pour remplacer la lune… Plus personne ne pourra se reposer!

Et alors? se dit William. Il partageait souvent l’opinion de son ours en peluche, mais cette fois, il ne comprenait pas ce qui dérangeait tant son vieil ami. La disparition de la lune, ce n’était pas une catastrophe!

– Mais oui, c’est exactement ce que c’est, une catastrophe! répliqua l’ours. Les gens ont besoin de se reposer, William, ils ont besoin de dormir chaque nuit… Il faut retrouver la lune!

Tous les autres jouets qui étaient rassemblés sous le lit hochèrent la tête. William ne comprenait pas comment ses jouets avaient l’intention de partir à la recherche de la lune. C’était sûrement beaucoup trop compliqué, et beaucoup trop dangereux.

– Oh non, ce n’est pas une mission pour nous, dit Éclair Bleu, la figurine de superhéros qui avait perdu un bras la semaine précédente.

Monsieur Boom regarda William d’un air suppliant.

– Nous avons besoin de ton aide, William! Il faut que tu partes avec moi à la recherche de la lune! Nous comptons tous sur toi.

William regarda ses jouets un après l’autre. Ils avaient tous l’air très sérieux. C’était ridicule! Comment pourrait-il partir à la recherche de la lune? Il n’était qu’un petit garçon… Et puis, ses parents ne le laisseraient jamais sortir de la maison tout seul!

– Ne t’inquiète pas, j’ai tout arrangé, dit Monsieur Boum en hochant la tête. Tout est prêt. Si tu acceptes de m’aider à retrouver la lune, Zip nous y conduira!

L’ours étendit son bras pour montrer quelque chose à William. Zip! Sa voiture rouge adorée sortit de l’ombre et s’avança vers lui. Voilà pourquoi il ne l’avait pas trouvée dans son coffre à jouets. Elle était cachée sous le lit!

– Je peux conduire la voiture, mais je ne peux pas y aller seul, dit Monsieur Boum. Il faut que tu m’accompagnes, William!

William n’avait pas vraiment envie de partir à la recherche de la lune, mais il ne voulait pas non plus décevoir Monsieur Boum et tous ses jouets qui comptaient sur lui. Il hocha la tête pour leur signifier qu’il acceptait cette mission.

– Merci! dit Monsieur Boum d’un air soulagé. Viens, nous devons partir maintenant, nous devons nous dépêcher!

– Tu seras un héros, William! ajouta Éclair Bleu.

Les autres jouets sautèrent de joie et applaudirent.

Monsieur Boum sauta derrière le volant de la belle voiture rouge, et invita William à s’asseoir à sa droite. William s’approcha de la voiture, mais s’arrêta, et regarda en direction de la porte de sa chambre. Sa maman était dans la cuisine… Il ne pouvait pas partir sans lui dire au revoir! Si elle découvrait qu’il n’était plus dans sa chambre, elle serait très inquiète.

– Ne t’inquiète pas, William, lui dit Monsieur Boum. Le méchant qui a pris la lune l’a amenée dans un autre monde, un monde magique! C’est là que nous allons. Dans ce monde secret, le temps passe plus vite qu’ici, alors nous serons de retour avant que ta mère s’aperçoive de ton absence. Je te le promets.

William décida de faire confiance à son ours. Il monta dans la voiture, et boucla sa ceinture de sécurité.

– Tu es prêt? demanda Monsieur Boum.

William lui fit signe qu’il était prêt. Aussitôt, le moteur de Zip se mit à gronder, et la belle voiture rouge sortit de sous le lit pendant que tous les jouets applaudissaient en criant de joie.

Sans prévenir, Zip quitta tout à coup le sol, et s’envola par la fenêtre de la chambre. William n’en croyait pas ses yeux! Sa belle voiture rouge pouvait voler! Le jeune garçon poussa un cri joyeux.

Il fut encore plus surpris quand il vit que le paysage que la voiture survolait n’était pas celui qu’il avait l’habitude de voir quand il sortait de chez lui. Les maisons des voisins, la rue et le parc n’étaient plus là. En regardant derrière lui, William remarqua que même sa propre maison avait disparu!

– Ne t’inquiète pas, William! dit Monsieur Boum. Nous sommes dans le monde magique… Ici, tout est différent!

…à suivre!