Ce n’est pas si important…

Ça fait déjà environ un mois que mon nouveau livre, «Alexander» de ma Mini Collection, a été officiellement lancé.

J’en ai vendu 11 copies en tout. J’ai participé à 2 évènements: une séance de signature à la Librairie Serpent d’ébène de Victo, qui a été un beau succès selon mes critères, et la Pause Littéraire à Trois-Rivières, qui n’a pas du tout été un succès pour moi.

Décidée à essayer de faire connaître mon nouveau petit livre, j’ai contacté des blogues qui font des chroniques littéraires pour leur proposer mon oeuvre, mais je n’ai eu qu’une seule réponse, de la part d’une blogueuse qui voulait me dire qu’elle n’acceptait plus de services de presse parce qu’elle n’avait pas le temps de les lire.

Je pense pouvoir dire que j’ai fait ce que j’ai pu, mais comme c’est souvent le cas, je suis un peu déçue des résultats!

Quand je suis sur le point de lancer un nouveau livre, je me dis qu’il faut que j’essaie de me faire de la publicité, de rejoindre de nouveaux lecteurs potentiels, de me faire connaître… Pour ma Mini Collection, j’ai décidé d’essayer de faire ça de manière plus méthodique, d’essayer de nouvelles choses…

Maintenant que mon premier petit livre est lancé depuis un mois, je me rends compte que ça n’a pas donné grand-chose… Je suis heureuse de ma séance de signature à la librairie! Mais pour le reste, je me dis… bon, dans le fond… est-ce que c’est vraiment SI important que ça que tout le monde connaisse ce nouveau livre?

Ce n’est peut-être pas si important… Ce n’est pas exactement un vrai roman, c’est une histoire courte, qui va devenir plus intéressante quand mon «vrai» roman va sortir, plus tard, beaucoup plus tard. Ce n’est pas si grave si je n’en vend pas des dizaines de copies! Ce qui est le plus important, c’est que les gens qui l’ont lu l’apprécient.

Ça revient toujours un peu au même, chaque fois que je lance un nouveau livre. Je suis prise entre «Il faut que je travaille fort pour me faire de la publicité!!» et «Bof, c’est correct comme ça, c’est pas si important quand je prends le temps d’y penser…»

Mais cette semaine, j’ai suivi une mini formation en ligne offerte par Marie Forleo, qui est une «business coach» inspirante qui essaie d’aider les entrepreneurs à partager leur passion avec toutes sortes de conseils et de ressources. J’aime beaucoup sa façon de parler, entre autres, du marketing.

Dans cette formation, donc, Marie affirmait que si un entrepreneur ne faisait pas tout ce qu’il pouvait pour faire connaître ses produits ou ses services, il volait ceux et celles qui avaient le plus besoin de ces produits et services.

Suivant ce raisonnement, je vole mes livres aux lecteurs et lectrices qui pourraient les apprécier!

Cette boîte de livres m’appartient! Non, vous n’en aurez pas un seul!!

Bon, je ne veux pas voler mes propres livres et les garder chez nous dans des boîtes à tout jamais… Mais le problème, c’est surtout que je ne sais pas qui sont les lecteurs et lectrices qui pourraient vouloir les lire. Je me doute bien que mes livres n’ont pas ce qu’il faut pour être appréciés par absolument tout le monde (et ce n’est pas mon but non plus d’écrire des livres qui plaisent à tout le monde!), mais les gens qui pourraient les apprécier, et qui existent sans doute quelque part sur la terre, je ne sais pas comment les rejoindre.

Donc, je me dis que ce n’est pas important pour moi de chercher ces gens-là, et que si on est tous ben ben chanceux, ils vont finir par me trouver, et trouver mes livres, et vouloir tous les lire.

Mais… juste au cas où je n’ai pas de chance, je vais quand même continuer d’essayer de trouver les gens qui aiment mes livres, mais qui ne le savent juste pas encore. Parce que travailler, c’est dur, et voler, c’est pas beau, tsé.

Le deuxième livre de ma Mini Collection s’appelle «Henry», et il sera disponible dès le 1er Avril!

Voici Manouk, de chez Randonnée Mïcklà! Pendant que j’avais toute son attention, j’aurais peut-être dû lui parler de mes livres. Peut-être qu’il les aurait aimés!

Une démarche qui se démarque

Hier, lors d’une petite discussion avec mon amie Marilyn, on a remarqué que toutes les deux, quand on peint une toile, on le fait sans nécessairement chercher à donner du sens à ce qu’on fait… On peint quelque chose parce qu’on trouve ça beau, parce qu’on veut représenter une image qu’on voit dans notre tête, sans se poser des milliers de questions.

Quand un artiste veut s’inscrire pour recevoir une bourse, ou pour participer à une exposition ou à un autre événement culturel, on lui demande de produire un dossier pour décrire sa démarche artistique… Sa démarche artistique? J’avoue que quand je vois cette question-là, j’abandonne tout de suite.

Peut-être que c’est simplement moi qui comprend mal la question… Peut-être que si on me demandait juste quelque chose comme «Dis-nous, pourquoi tu fais de l’art?» ou «Qui es-tu en tant qu’artiste?», je serais plus inspirée… Mais «Décris-nous ta démarche artistique.», pour moi, ça ne veut rien dire.

Ou plutôt, ça me donne l’impression que chaque toile, chaque dessin, chaque petite parcelle d’art produite par un artiste devrait absolument avoir un but précis: tenter de dénoncer quelque chose, mettre en valeur des matériaux recyclés, essayer de sauver le monde… comment, et pourquoi, en 1000 mots, à double interligne.

Est-ce que je ne peux pas créer quelque chose juste parce que je trouve ça beau? Parce que je trouve ça cool? Parce que j’aimerais accrocher dans ma salle de bain une toile qui fitte avec mon nouveau rideau de douche? Est-ce que mon art n’est pas de l’art, juste parce que je n’ai pas de cause plus noble que d’avoir envie, et besoin, de créer, et de vouloir le faire à ma manière?

Peut-être que ma démarche artistique à moi, c’est de me dire que de devoir décrire sa démarche artistique de manière précise et professionnelle, ce n’est pas pour moi.

Peut-être que ma démarche artistique à moi, c’est mon blogue.

Au moins, on ne m’a jamais demandé de décrire ma démarche artistique pour mes livres… Mais là, ce n’est pas pareil, non? Bien sûr, il y a des thèmes dans mes histoires, il y a des messages, des réflexions… Mais ça reste que mes histoires sont des histoires.

On peut me demander «Bon, de quoi ça parle, ton livre?», mais on ne me demandera pas d’expliquer ma démarche et mes motivations… Genre, lis le livre, et si tu en retires quelque chose, s’il te fait réfléchir sur quelque chose, tant mieux, sinon, tant pis, et j’espère que tu auras au moins apprécié l’histoire sans trop te questionner.

Je n’ai pas à expliquer ou à justifier les histoires que j’écrit, tout est là, et la personne qui les lit peut les interpréter comme elle veut. Je pense que c’est la même chose avec mon art, mes toiles et mes dessins.

Je pense que c’est pour ça que même si je peignais des centaines de toiles au cours de ma vie, elles ne seraient jamais exposées dans une galerie d’art.

Je pense que ça ne me dérange pas vraiment.

Bonjour. J’aime bien peindre. Voici ma démarche artistique.